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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 08:37

Les Chevaux de DieuLES CHEVAUX DE DIEU
Film franco marocain de Nabil Ayouch avec Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souidek... (2011 - vostf - 1h55)
Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l'armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs "frères". L'Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs...

Les Chevaux de Dieu : une chevauchée détonante

 Nabil Ayouch avec Les Chevaux De Dieu nous met face à un sujet sensible en nous racontant l'histoire d'enfants des bidonvilles qui seront plus tard les auteurs des attentats de Casablanca, survenus en 2003. Comment peuvent-ils en arriver là ? C'est à cette question que nous confronte le réalisateur en s'attardant sur deux frères, deux futurs terroristes, deux âmes perdues mais par-dessus tout, deux êtres humains qui auraient pu avoir un tout autre avenir...

 

« La vie est injuste »

« La vie est injuste », ce n'est pas nouveau mais c'est ce qui nous vient à l'esprit dès les premières minutes de Les Chevaux de Dieu, des gamins jouent au foot puis retournent dans leurs bidonvilles, on découvre deux frères : Yachine et son grand frère, Hamid, petit voyou qui vient souvent à la rescousse de son frère, ce qui ne l'empêche pas d'être dur avec lui, comment ne pas l'être quand votre réalité l'est tout autant ? Les Les Chevaux de Dieudeux jeunes garçons ont déjà des soucis d'adultes et des comportements en décalage avec leur âge, le principal pour eux n'est pas de bien vivre mais de survivre. Ainsi, nous sommes un peu outrés d'entendre la mère des enfants, lorsque Hamid lui offre une bouteille de parfum, dire « J'ai un homme à mes côtés », c'est peut-être ça le problème justement, être homme à même pas 13 ans. Parce que finalement la mère ne fait pas grand chose mais les enfants eux se doivent de rapporter de l'argent. C'est révoltant de se dire que finalement ils seraient nés autre part, leurs vies auraient été différentes. Un concours de circonstances qui entraîne des issus tragiques, les situations qui nous font bondir de nos sièges, hélas, ne manquent pas.

 

Un sujet délicat

Nabil Ayouch met en scène un sujet très délicat, se mettre à la place des meurtriers, de ce qu'ils peuvent ressentir et penser, n'est pas une tâche aisé, encore moins lorsque les protagonistes sont morts. Le réalisateur aborde surtout la montée du radicalisme islamiste dans les quartiers pauvres Les Chevaux de Dieudont l'accroissement quand on y réfléchit n'a rien d'étonnant. Les dirigeant islamistes vont donner un « sens » à la vie de ceux qui sont lassés de vivre de petits boulots et de mener une vie dont personne ne voudrait, ils leur donnent même à voir des choses qui étaient pour eux inconnus. Moment marquant est celui quand ils rentrent dans la ville de Casablanca et que l'un des jeunes hommes, les yeux écarquillés esquissant un sourire déclare que c'est la première fois qu'il va en ville. On aurait envie de les faire sortir de cette voiture pour leur montrer tout ce qu'il y a de beau. C'est encore plus consternant puisque les dirigeants islamistes savent que la pauvreté de ces jeunes est leur faiblesse et ils en profitent, ils promettent beaucoup à ceux qui n'ont rien.

 

Au-delà du fait d'être choqué et outré, notre réflexion se meut tout au long du film, dans le cas des attentats, rien n'excuse tant de monstruosité mais ce serait tellement facile de les considérer comme des êtres qui avaient une soif de sang à assouvir, ici ce n'est pas le cas. Le face à face entre frères est Les Chevaux de Dieud'ailleurs très intéressant puisque c'est le grand frère qui entraîne le petit dans cet embrigadement, paradoxalement c'est aussi lui qui est en proie à des doutes. Malheureusement les doutes n'ont pas vraiment leur place dans ce genre de situations, une fois rentrés dans l'organisation, ils sont condamnés à y rester. Nabil Ayouch arrive a capter des moments touchants et déchirants, à nous montrer des images qui nous explosent en pleine figure.

 

Si vous avez aimé La Zona, propriété privée, Gomorra ou encore La Cité de Dieu, vous aimerez Les Chevaux de Dieu.

 

Par Anne-Laure Thirion

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 09:30

POUR EDITER ET IMPRIMER LE PROGRAMME DES AMIS DU CINEMA, CLIQUE ICI !


Les Chevaux de DieuLES CHEVAUX DE DIEU
Film franco marocain de Nabil Ayouch avec Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souidek... (2011 - vostf - 1h55)

L’histoire d'enfants des bidonvilles qui seront plus tard les auteurs des attentats de Casablanca. Comment peuvent-ils en arriver là ?

C'est à cette question que nous confronte le réalisateur en s'attardant sur deux frères, deux futurs terroristes, deux âmes perdues mais par-dessus tout, deux êtres humains qui auraient pu avoir un tout autre avenir...

LUNDI 8 AVRIL à 18h et 21h


Queen of MontreuilQUEEN OF MONTREUIL
 Comédie française de Solveig Anspach et Jean-Luc Gaget avec Florence Loiret-Caille, Didda Jonsdottir, Samir Guesmi... (2012 - 1h27)
Sólveig Anpasch livre une fantaisie aussi délicate que poétique, une fable douce et tendre sur le deuil, l'amitié et la vie. Florence Loiret-Caille trimballe sa douce mélancolie, sa fragilité et son petit grain de folie dans cet univers foutraque et bigarré avec naturel et grâce.
VENDREDI 5 AVRIL à 18h séance en présence du scénariste Jean-Luc Gaget.
Boulimique de travail, Jean-Luc Gaget s'est illustré dans à peu près tous les domaines du cinéma, du scénario au montage, en passant par la réalisation à travers différents courts et longs. Venez le rencontrer !


Les Amants PassagersLES AMANTS PASSAGERS
Comédie espagnole de Pedro Almodovar avec Carlos Areces, Javier Cámara, Antonio De La Torre... (2012 - vostf - 1h30)

Des personnages hauts en couleurs pensent vivre leurs dernières heures à bord d'un avion à destination de Mexico.

Avec "Les Amants passagers", le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, ex-enfant terrible de la Movida, revient à la comédie de ses débuts, à la fois déjantée et kitsch, quitte à dérouter certains de ses aficionados.
DU JEUDI 11 AU MARDI 16 AVRIL


Zero Dark ThirtyZERO DARK THIRTY
Action, thriller américain de Kathryn Bigelow avec Jessica Chastain, Jason Clarke, Reda Kateb... (2012 - vostf - 2h29)
Pendant une décennie, une équipe de forces spéciales US travaillant dans le secret à travers le monde n'a qu'un seul et unique objectif : traquer et éliminer le terroriste Oussama Ben Laden.
Kathryn Bigelow part à l'assaut d'un élément encore brûlant de l'histoire américaine, la traque et l'assassinat de Ben Laden. La réalisatrice traverse toutes les polémiques comme son héroïne, avec force et conviction. Elle ne cache rien, ne ménage personne grâce à une mise en scène intense...
LUNDI 15 AVRIL à 18h (prix réduit pour tous) et 21h


Week-end RoyalWEEK-END ROYAL
Comédie romantique, biopic anglais de Roger Michell avec Bill Murray, Laura Linney, Samuel West... (2012 - vostf - 1h35)
Juin 1939, le Président Franklin D. Roosevelt attend la visite du roi George VI et de son épouse Elizabeth, invités à passer le week-end dans sa propriété à la campagne. C’est la première visite d’un monarque britannique aux Etats-Unis. La Grande-Bretagne se prépare à entrer en guerre contre l’Allemagne et espère obtenir l’aide américaine. Les bizarreries et l’étrange mode de vie du président étonnent les souverains. En ce week-end royal, pris entre les feux de sa femme, sa mère et sa secrétaire, les affaires internationales ne sont pas vraiment la priorité de Roosevelt davantage intéressé par sa relation avec sa cousine Daisy.
LUNDI 22 AVRIL à 18h (prix réduit pour tous) et 21h


Elefante blanco ELEFANTE BLANCO
Film argentin de Pablo Trapero avec Jérémie Renier. (2012 - vostf -2h00)
Le "bidonville de la Vierge" dans la banlieue de Buenos Aires. Julian et Nicolas, deux prêtres et amis de longue date, oeuvrent pour aider la population. Mais un jour, une étincelle va mettre le feu aux poudres...
A travers le parcours d’un prêtre en pleine remise en question, une plongée dans la misère des bidonvilles argentins. Un film plein de sobriété et d’émotion qui montre le chaos indicible qui règne dans ces villages de carton.
LUNDI 29 AVRIL à 18h et 21h


NoNO
Film historique chilien de Pablo Larrain Matte avec Gael García Bernal, Néstor Cantillana, Alfredo Castro... (2011 - vostf - 1h55)
Lorsque le dictateur chilien Pinochet consent à un référendum sur sa présidence en 1988, les dirigeants de l'opposition persuadent un jeune publicitaire, René Saavedra, d’être le fer de lance de leur campagne. Avec peu de moyens Saavedra et son équipe conçoivent un plan audacieux pour remporter le référendum et libérer leur pays de l’oppression.
Un film exaltant sur l'originale révolution du peuple chilien. Ou comment une équipe de publicitaires à fait renverser le dictateur Augusto Pinochet.
LUNDI 6 MAI à 18h et 21h


La Belle endormieLA BELLE ENDORMIE
Film italien de Marco Bellocchio avec Isabelle Huppert, Maya Sansa, Toni Servillo... (2012 - vostf - 1h50)
Le 23 novembre 2008, l'Italie se déchire autour du sort d'Eluana Englaro, une jeune femme plongée dans le coma depuis 17 ans. La justice italienne vient d'autoriser Beppino Englaro, son père, à interrompre l'alimentation artificielle maintenant sa fille en vie. Dans ce tourbillon politique et médiatique les sensibilités s'enflamment, les croyances et les idéologies s'affrontent...
Avec ce film choral, romanesque et politique, Marco Bellocchio aborde l’épineuse question de l’euthanasie dans une Italie dépressive et cynique.
LUNDI 13 MAI à 18h et 21h


Gatsby le magnifiqueGATSBY LE MAGNIFIQUE
Film américian de Baz Luhrmann avec Leonardo Dicaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan... Film d’ouverture du Festival de Cannes. (3D -2012 - 2h23)
Printemps 1922. L’écrivain Nick Carraway quitte le Middle-West s'installe à New York. Il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby et se retrouve au coeur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges...
MERCREDI 15 MAI à partir de 19h
Soirée d’ouverture du Festival de Cannes en direct sur grand écran : montée des marches + cérémonie d’ouverture suivie de la projection de Gatsby


Hannah ArendtHANNAH ARENDT
Biopic historique allemand de Margarethe Von Trotta avec Barbara Sukowa, Axel Milberg, Janet McTeer... (2012 - vostf - 1h55)
1961 - La philosophe juive allemande Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, responsable de la déportation de millions de juifs. Les articles qu’elle publie et sa théorie de «La banalité du mal» déclenchent une controverse sans précédent. Son obstination et l’exigence de sa pensée se heurtent à l’incompréhension de ses proches et provoquent son isolement.
Hannah Arendt est plus qu’un biopic. C’est la narration du procès Eichmann par la philosophe allemande pour un journal américain en 1961. Ce film qui n’a pas peur d’aller à l’encontre de certains tabous, très actuels, accessible sans aucune concession démagogique est une œuvre humaniste d’un intérêt historique majeur.
LUNDI 20 MAI à 18h et 21h


 

  

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 12:54

Queen of MontreuilQUEEN OF MONTREUIL

Ciné Débat avec le scénariste du film Jean Luc Gaget Vendredi 5 Avril à 18h


Comédie française de Solveig Anspach et Jean-Luc gaget avec Florence Loiret-Caille, Didda Jonsdottir, Samir Guesmi... (2012 - 1h27)
C'est le début de l'été et Agathe est de retour en France, chez elle à Montreuil. Elle doit se remettre à son travail de réalisatrice mais aussi faire le deuil de son mari brutalement décédé. Elle y parviendrait peut-être plus facilement si elle cessait de se trimballer avec l'urne funéraire et savait quoi faire des cendres ! L'arrivée inopinée à son domicile d'un couple d'islandais, d'une otarie et d'un voisin toujours désiré mais jamais complètement conquis vont lui donner les pouvoirs de reconquérir sa vie...


Sólveig Anpasch livre une fantaisie aussi délicate que poétique, une fable douce et tendre sur le deuil, l'amitié et la vie.

Florence Loiret-Caille (qui avait été reçue par les Amis du Cinéma, il y a quelques années) trimballe sa douce mélancolie, sa fragilité et son petit grain de folie dans cet univers foutraque et bigarré avec un naturel et une grâce qui confirme un talent la hissant parmi les meilleures de sa génération.

Boulimique de travail, Jean-Luc Gaget s'est illustré dans à peu près tous les domaines du cinéma, du scénario au montage, en passant par la réalisation à travers différents courts-métrages et un long, J'ai tué Clémence Acéra (2000). Collaborateur privilégié d'Agnès Obadia et Laurent Bénégui, il a fondé avec eux la société Magouric puis a travaillé avec Lucas Belvaux et Fabien Otoniente.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 08:15

Wadjda

WADJDA

Arabie Saoudite film de Haifaa Al-Mansour avec Reem Abdullah, Waad Mohammed, Abdullrahman Al Gohani... (2011 - vostf - 1h38)
Wadjda, dix ans, habite dans une banlieue de Riyadh. C’est une fille pleine de vie qui cherche toujours à en faire plus que ce qui lui est permis. Afin d’acheter un vélo, elle décide de trouver l'argent par ses propres moyens, déterminée à se battre pour défendre ses rêves...
Film magnifique venu d'Arabie saoudite et réalisé par une femme ! On rit,on pleure... Subtil message. Coup de coeur à la Mostra de Venise.

 

Plutôt que de mettre en scène le chemin déjà parcouru, Wadjda montre plutôt celui qui reste à faire. Le film a pour titre le prénom de sa petite héroïne, une écolière qui arrive à l'âge où elle n'a plus le droit de marcher tête nue dans la rue. Sa mère, professeure, vit dans la crainte du second mariage de son époux, et Wadjda dans le désir de s'acheter un vélo, engin réprouvé pour les femmes.

 

La sensibilité de la mise en scène et le naturel éblouissant de la jeune interprète Waad Mohamed ont emporté l'adhésion de la grande salle du Palais du cinéma vénitien. Tête nue (contrairement à ses consoeurs iraniennes) Haifaa Al-Mansour a accepté l'ovation. Quelques heures plus tard, elle explique comment, elle, huitième d'une fratrie de douze, élevée dans une petite ville d'un royaume ou la projection publique de films est hors la loi, s'est retrouvée derrière une caméra : "Quand j'étais enfant, mon père nous faisait des soirées cinéma, sans doute pour avoir la paix. Je suis tombée amoureuse du cinéma", se souvient-elle. Après des études à l'université américaine du Caire, elle a réalisé un premier film et suivi des cours de cinéma en Australie. En 2005, son documentaire Women Without Shadows (femmes sans ombre) attire l'attention du prince Al-Walid ben Talal, propriétaire et dirigeant du puissant groupe de communication Rotana qui a coproduit Wadjda. Grâce à cet appui, Haifaa Al-Mansour a pu tourner son film dans les rues de Riyad, même si ce ne fut pas toujours facile : "Dans les quartiers les plus stricts, j'ai dû diriger depuis l'intérieur d'une voiture", explique-t-elle. Elle se souvient aussi que le spectacle d'une toute jeune fille suivie par un cameraman européen en a scandalisé quelques-unes.

 

L'ESPOIR DU CHANGEMENT

Mais le film, coproduit par la firme allemande Razor Film, a pu être tourné entièrement en Arabie saoudite, selon le désir de son auteure : "Je voulais être au plus près de ma vie, de mon pays", dit-elle. Wadjda sortira en France, en Allemagne, mais pas en Arabie saoudite, puisqu'il n'y a pas de cinémas. Présent à Venise, Fahad Mohammed Al-Sukait, le PDG de Rotana, veut minimiser la difficulté : "Nous le montrerons sur nos chaînes payantes, il sera distribué en DVD. La censure est moins rigoureuse que par le passé." Haifaa Al-Mansour a réalisé son film pour qu'il soit vu : "Notre culture est conservatrice et je ne veux pas offenser les gens. Mais si je veux qu'ils m'écoutent, il me faut travailler à l'intérieur du système." Si elle a raison, on peut espérer que son prochain film sera projeté dans un multiplexe de Riyad.

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 08:06
Syngué Sabour - Pierre de patience

SYNGUE SABOUR, pierre de patience
Film Afghan de Atiq Rahimi avec Golshifteh Farahani, Hamidreza Javdan, Massi Mrowat... (2011 - vostf - 1h42)
Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combat- tants sont à leur porte.
La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l’autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante.
De retour auprès de son époux, elle est forcée à l’amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu’à ses secrets inavouables. L’homme gisant devient alors, malgré lui, sa “ syngué sabour ”, sa pierre de patience – cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu’à ce qu’elle éclate !

Cette Pierre de Patience est un diamant !

 Syngué Sabour - Pierre de Patience, l’adaptation du roman éponyme d’ Atiq Rahimi, lauréat du Prix Goncourt en 2008 sort sur nos écrans. Un film qui aborde les interrogations liées à l’identité et à la foi, à contre-courant des schémas habituels.

 

Une jeune femme se révèle

Syngué Sabour - Pierre de patienceAu pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l’autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l’amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes… Jusqu’à ses secrets inavouables. L’homme gisant devient alors, malgré lui, sa « syngué sabour », sa pierre de patience – cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances… Jusqu’à ce qu’elle éclate !

 

Captivante Golshifteh Farahani

Syngué Sabour - Pierre de patienceSyngué Sabour est un film qui décrit un pays, l’Afghanistan, un pays en guerre, et une ville dévastée, Kaboul. Le film dresse un beau portrait de femme, sublimé par l’interprétation, la présence et la photogénie de Golshifteh Farahani. L’actrice d’origine iranienne est de tous les plans, elle réussit à nous captiver avec de longs monologues /soliloques. Sans dévoiler le récit, elle va se libérer grâce à la parole, et évoluer. On peut y voir une allusion à la psychanalyse – sauf qu’à la place d’un psychologue ou d’un psychanalyste, la femme se confie à son mari dans le coma… et à sa tante la tenancière d’un bordel. Cette jeune femme écrasée par son mari et la religion (le mollah vient la voir, entre deux bombardements) a un lourd secret à porter, et nous sommes suspendus à ses lèvres jusqu’à la révélation.

 

Un diamant

Syngué Sabour - Pierre de patienceLe film peut faire penser à d’autres romans sur l’Afghanistan, comme celui d’Asne Seierstad, Le libraire de Kaboul et les Cerfs volants de Kaboul de Khaled Khosseini. Ceci dit, contrairement à ces romans, le récit de Syngué Sabour a une valeur de fable. Cependant, Atiq Ratimi ayant lui -même réalisé l’adaptation de Syngué Sabour, avec l’aide de Jean-Claude Carrière, on peut tout de même penser que le meilleur du livre est porté à l’écran. Au début, on pense à du théâtre filmé (unité de temps et de lieu), puis les scènes de guerre sont filmées en caméra à l’épaule … La photographie de Thierry Arbogast est très belle, notamment son travail sur les lumières et les couleurs. Ne croyez donc pas que vous assisterez pendant une heure trente à un monologue statique, c’est tout le contraire.

 

Syngué Sabour peut sembler aride, et certains passages sont très durs, mais c’est un très beau film sur l’oppression, la condition féminine, et sur l’Afghanistan. Cette Pierre de Patience est un diamant, un bijou pour qui prendra la patience de la regarder.

 

Si vous aimez les romans d'Atiq Rahimi, Syngué Sabour est fait pour vous.

Par Claire Fayau

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 08:35

Dans la brumeDANS LA BRUME
Film allemand de Sergeï Loznitsa avec Vladimir Svirskiy, Vladislav Abashin, Sergueï Kolesov... (2012 - vostf - 2h07)
Une forêt. Deux résistants. Un homme à abattre, accusé à tort de collaboration. Comment faire un choix moral dans des circonstances où la morale n’existe plus ?

Durant la Seconde Guerre mondiale, personne n’est innocent.
Beau, âpre et implacable, Dans la brume, le film de Loznitsa, évite l'écueil de l'ennui grâce à l'efficacité glaçante de ce qu'il donne à voir.

Dans la brume de Sergei Loznitsa : une forêt et des hommes 

Dans la brumeRugueux. Le long-métrage du cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa qui nous avait châtié avec son Schastye Moe présenté il y a deux ans sur la Croisette, revient en compétition officielle avec Dans la brume, un long-métrage ombrageux sur la culpabilité. Envoûtant, sec et terriblement humain.

 

Deux résistants. Un homme à abattre, accusé à tort de collaboration. Comment faire un choix moral dans des circonstances où la morale n'existe plus ? Durant la Seconde Guerre mondiale, personne n'est innocent.

 

Dans la brumeDans la brume prend place dans une forêt de Biélorussie. Au centre du récit, deux résistants, un traitre et une mission : abattre le traître. Le voyage que nous propose Sergeï Loznitsa est un voyage à travers la conscience de l'être humain. Envoûtant pour certains, monotone pour d'autres, la caméra du cinéaste se pose sur chacun de ces protagonistes, qui vont tenter, chacun leur tour, de prouver leur bonne foi. En vain. C'est donc inéluctablement vers la tragédie que le film tend, pour chacun de ses trois personnages, dans une incompréhension mutuelle et un dialogue rendu impossible.

 

Dans la brumeDans cette errance nocturne où le silence se fait pesant, Sergeï Loznitsa entrecoupe son récit de flashbacks éclairant les zones d'ombre du récit et permettant de suivre le chemin que va parcourir le héros avant de comprendre qu'il est irrémédiablement condamné. A la question «Pourquoi ?», aucune réponse ne semble convenir. C'est donc peu à peu que notre héros va creuser sa propre tombe. Construit symétriquement, sur une structure linéaire et sans fioriture, le film sonde les tréfonds de l'âme humaine dans un décor chargé de sens et d'émotion. Et le miroir que nous tend Sergeï Loznitsa à l'aube de cet hiver 1942 n'a pas fini de questionner notre conscience.

 

Par Laure Croiset

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 09:16

BlancanievesBLANCANIEVES
Film espagnol de Pablo Berger avec Maribel Verdù. (2012 - 1h30)
Sud de l'Espagne, années 20. Carmen est une belle jeune fille. Fuyant un passé, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulan-te de nains toreros qui va l'adopter et lui donner le surnom de "Blanca-nieves". C'est le début d'une aventure qui va la conduire vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable...
Servi par une bande musicale tonitruante, un Blanche-Neige revisité à la sauce espagnole, en format 1,33 Noir & Blanc et muet ! Qui l'eut cru ? C'est la plus belle surprise de ce début d'année, à voir absolument.

Blancanieves ou un moment de cinéma captivant 

 Pablo Berger réinterprète le conte des frères Grimm en le plongeant dans une Espagne des années 20 mythique et mystique. Blanche-Neige y évolue toujours brimée par une marâtre brillamment interprétée par Maribel Verdù, mais qui s’émancipera en tant que personne et que femme en occupant la place la plus symboliquement masculine de la société espagnole, celle de torero.

 

BlancanievesTrois versions de Blanche-Neige ont été tournées l’année dernière et celle de Pablo Berger n’a rien de commun avec les autres et relève bien plus de Bunuel que d‘un Rupert Sanders ou d’un Tarsem Singh. Son Blancanieves est plus prétexte à un hommage manifeste au cinéma, à travers d’abord celui évident au cinéma muet, de Murnau, de l’ Herbier ou encore plus loin de Browning et à son noir et blanc ici sublimé. Une réinterprétation de ce cinéma, déjà remis au goût du jour avec The Artist, maîtrisée et rigoureuse, qui nous replonge directement dans cet âge d’or, comme une expérience en même temps hors du temps.

 

BlancanievesC’est ainsi qu’il faut vivre le long-métrage de Berger, comme cette expérience dans laquelle on se laisse emporter sans réfléchir, juste pour ressentir. C’est bien le but du réalisateur, qui déclare avoir choisi l’histoire des frères Grimm pour sa taille limitée et sa simplicité d’interprétation et donc d’appropriation. Il voyait en elle le matériel idéal pour développer sa narration autour de valeurs comme la transmission, l’hérédité, le mérite ou encore la place de la femme dans la société espagnole. Ce pays, ses traditions et son cinéma hantent le long-métrage. Son scénario fait de Blanche-Neige un torero, fille d’un des plus célèbres du métier et d’une danseuse de flamenco et petite fille, de Dona Concha, interprétée par la magnifique Angela Molina, muse tour à tour de Bunuel et Almodovar. La bande son hispanisante, renforce l’expérience qui obtient des résonances bien actuelles alors lorsque ce qui anime les mauvais personnages n’est plus la beauté ou la jeunesse éternelle, comme dans le conte originel, mais la recherche de gloire et de popularité, sans avoir rien effectué de méritant pour l’obtenir.

 

BlancanievesEn même temps qu’il jette un regard vers à un cinéma qui a disparu Blancanieves regarde le monde qui l’entoure et devient ainsi, en même temps que contemporain très inventif et novateur, bien plus qu’a pu l’être le film d’ Hazanavicius. Alors même si le pastiche a quelques longueurs et nous lasse par moment, l’émerveillement reprend le dessus et nous restent seulement ces moments de cinéma captivants.

 

Par Camille Esnault

 

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 08:53

L'Ivresse de l'argentL'IVRESSE DE L'ARGENT
Film Sud-Coréen de Im Sang-soo avec Baek Yoon-sik, Yoon Yuh-Jung, Kim Gang-woo... (Interdit aux moins de 12 Ans - 2011 - vostf - 1h53)
Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d'un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s'occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Youngjak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois...

L'Ivresse de l'argent : le soap-opéra décapant d'Im Sang-soo

L'Ivresse de l'argentErotisme et lutte des classes étaient déjà au coeur de son précédent film, le décomplexé et emballant The Housemaid, présenté il y a deux ans en compétition officielle. Suit cette année L'Ivresse de l'argent, une réflexion sur l'ivresse du pouvoir enrobée dans un soap-opéra grandiose à l'humour décapant.

 

Young-jak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d'un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s'occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Young-jak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois...

 

L'Ivresse de l'argentL'Ivresse de l'argent s'ouvre sur des couleurs chatoyantes et s'achève sur une scène d'enterrement. Entre les deux, une spirale infernale dénonçant la cupidité d'une société coréenne rongée par l'argent, la corruption et la luxure. Au centre, ce bellâtre va tenter de trouver sa place et retrouver un semblant de dignité dans ces grands espaces au décorum flamboyant. On est bien loin de la poésie narrative de Hong Sang-soo, autre aspirant sud-coréen à la Palme d'or. Ici, point de soju, ni de divagations autour de la vie, l'amour, le cinéma... Chez Im Sang-soo, on se prend des coups, on saute dans le vide, on s'épie de tous les côtés, et surtout on s'enivre au vin rouge et au champagne.

 

L'Ivresse de l'argentDepuis The President's Last Bang, ce cinéaste audacieux nous avait déjà montré son art de la mise en scène, grandiloquente souvent, improbable parfois et surtout sans limite. Car, dans cette société corrompue attirée irrésistiblement par l'argent, «Si tu n'es pas fou, tu crèves». Et c'est à ses dépends que Young-jak va l'apprendre, pourchassé par une vieille bique possédée par l'argent le pouvoir. Ajoutant une ironie et un humour noir salutaire à ce vaste jeu, Im Sang-soo ose tout, fait le grand écart entre cette élite qui se délite et les serviteurs méprisés de cette classe, ajoutant une note délicieusement baroque et barrée à cette sélection cannoise.

 

Par Laure Croiset

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 09:06

Comme un LionCOMME UN LION

Film français de Samuel Collardey avec Marc Barbé, Mytri Attal, Anne Coesens...(2011 - 1h42)
Mitri a 15 ans et vit dans un village au Sénégal. Comme tous les jeunes de son âge, il joue au foot en rêvant du Barça et de Chelsea.
Lorsqu’un agent recruteur le repère, Mitri croit en sa chance. Mais pour partir à l’assaut des grands clubs européens, il faut payer.
La famille se cotise et s’endette pour l’aider. Une fois à Paris, tout s’écroule : Mitri se retrouve abandonné sans un sou en poche, et ne peut
imaginer affronter la honte du retour au village. Une odyssée faite de débrouilles commence alors. Mais son rêve de foot le rattrapera au coin
d’une rencontre.

"Comme un lion" : une "success story" réaliste et intelligente

Dans L'Apprenti, son film précédent, Samuel Collardey explorait déjà les limites poreuses entre fiction et réalité. Comme un lion, basé sur une histoire vraie, renoue avec le dispositif et l'approche documentaires, chers au réalisateur.

Comme tous les gamins au Sénégal, Mytri ne vit que pour le football. Quand un agent le repère un jour, il croit sa chance venue. Mais sa famille doit débourser une somme colossale pour couvrir de soi-disant frais d'entretien. Elle va s'endetter auprès de l'ensemble des villageois, pour permettre à Mytri d'accomplir son rêve.

 

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Une fois arrivé en France, avec une autre poignée de jeunes talents du football, Mytri est abandonné dans un stade par un complice de l'agent véreux. Affamé, sans argent, le garçon est placé dans un foyer en région parisienne, puis envoyé à Montbéliard. Sa rencontre avec un entraîneur de football local, ancien joueur professionnel au FC Sochaux, va infléchir le cours tragique de son destin.

 

L'ambition de Samuel Collardey était, à travers ce beau film réaliste, de témoigner du scandale des recrutements de jeunes footballeurs en Afrique mais aussi, de livrer un portrait des classes ouvrières françaises, dans la lignée de Pialat. Dans les deux cas, il y parvient avec beaucoup de justesse.

 

Mytri Attal dans le film français de Samuel Collardey, "Comme un lion".

Cette réussite tient à la manière dont le réalisateur investit la fiction comme un documentaire mais aussi à ses comédiens. Après L'Apprenti, Samuel Collardey réunit un nouveau duo à l'écran. Marc Barbé, dont on ne cessera de louer l'excellence des compositions, interprète avec une conviction contagieuse, un entraîneur bourru, tombé dans la déchéance. Face à lui, le jeune Mytri Attal fait des débuts au cinéma, pleins de fraîcheur. Comme son personnage, il a été repéré au Sénégal par le réalisateur.

 

Si le parcours de son double fictionnel se solde par la réussite, combien de destins brisés par des vendeurs de rêve peu scrupuleux ? C'est cette réalité amère qui plane au-dessus d'un film, en forme de success story, réaliste et intelligente.

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 06:17

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The MasterTHE MASTER
Drame de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams... (2012 - vost - 2h17)
Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre «le Maître», charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...
Les angoisses de l'Amérique d'après guerre à travers le portrait d'un soldat pris dans les griffes d'un maître à penser sectaire. Un grand film de cinéma qui nous donne le tournis par sa virtuosité technique...
LUNDI 4 FEVRIER à 18h et 21h 


Article 23ARTICLE 23
Film français de Jean Pierre Delépine avec Edouard Baer. (2012 - 1h21)
A travers le récit d'une histoire largement inspirée de faits réels, ce film interroge avec acuité "la valeur travail" et le drame du chômage. Avec l'humour du désespoir, il décape au vitriol la brutalité opérée par des cabinets de recrutements et les coulisses de ce métier si lucratif. Embaucher.
On oublie trop souvent que l'article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme stipule que chaque être humain a droit à un travail...

VENDREDI 8 FEVRIER à 18h séance en présence du réalisateur Jean Pierre Delépine.


Quand le Tibert... AFFICHE QLTSP jauneQUAND LE TIBET SE PROSTERNE
Ciné reportage présenté par Jean-Claude RAOUL. (2009-2012 - 1h30)

Ce documentaire donne à voir la vie quotidienne des Tibétains parmi les paysages somptueux qui accompagnent le déroulement de leur vie...
LUNDI 11 FEVRIER à 14h30 et 18h


La paradeLA PARADE
Drame, comédie serbe, croate de Srdjan Dragojevic avec Nikola Kojo, Milos Samolov, Hristina Popovic... (2012 - vost - 1h55)
Lemon, parrain des gangsters de Belgrade, se voit obligé d’assurer la sécurité de la première GayPride de Serbie. Pour l’aider dans cette mission impossible, il part à la recherche d’anciens mercenaires. Comment cet équipage hétéroclite qui n’aurait jamais dû se rencontrer va-t-il arriver à transcender les frontières et leurs différences ?
Ce road-movie décapant avec une galerie d'acteurs épatants et un scénario qui mêle drôlerie, drame et tendresse, n'y va pas avec le dos de la banderole pour délivrer ses idées généreuses et son message de tolérance !
LUNDI 11 FEVRIER à 18h et 21h


Foxfire, confessions d'un gang de fillesFOXFIRE, confessions d'un gang de filles
Film franco-canadien de Laurent Cantet avec Avec Raven Adamson, Katie Coseni, Madeleine Bisson. (2012 - vostf - 2h20)
1955. Dans un quartier populaire d'une petite ville des Etats-Unis, une bande d'adolescentes crée une société secrète, Foxfire, pour survivre et se venger de toutes les humiliations qu'elles subissent. Ce gang de jeunes filles poursuit un rêve impossible : vivre selon ses propres lois. Mais l'équipée sauvage qui les attend aura vite raison de leur idéal...
Cinq ans après "Entre les murs" et sa Palme d'or à Cannes, Laurent Cantet revient avec «Foxfire», une fureur de vivre, au féminin pluriel...
LUNDI 18 FEVRIER à 18h (prix reduit pour tous) et 21h


Comme un LionCOMME UN LION
Film français de Samuel Collardey avec Marc Barbé, Mytri Attal, Anne Coesens...(2011 - 1h42)
Mitri a 15 ans et vit dans un village au Sénégal. Comme tous les jeunes de son âge, il joue au foot en rêvant du Barça et de Chelsea. Lorsqu’un agent recruteur le repère, Mitri croit en sa chance.
La famille se cotise et s’endette pour l’aider. Mais une fois à Paris, tout s’écroule : il se retrouve abandonné sans un sou en poche, et ne peut imaginer affronter la honte du retour au village.
Une odyssée faite de débrouilles commence alors. Mais son rêve de foot le rattrapera au coin d’une rencontre.
Les tribulations d'un jeune Sénégalais pris dans le système de recrutement du football français. Un film humaniste, tendre et engagé, une fable initiatique audacieuse et remarquablement équilibrée
LUNDI 25 FEVRIER à 18h (prix reduit pour tous) et 21h


L'Ivresse de l'argentL'IVRESSE DE L'ARGENT
Film Sud-Coréen de Im Sang-soo avec Baek Yoon-sik, Yoon Yuh-Jung, Kim Gang-woo... (Interdit aux moins de 12 Ans - 2011 - vostf - 1h53)
Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d’un puissant empire industriel coréen. Chargé de s’occuper des affaires privées
de cette famille à la morale douteuse, il va devoir choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois…
Erotisme et lutte des classes étaient déjà au coeur de son précédent film, «The Housemaid». Deux ans après, voici une réflexion sur l'ivresse du pouvoir enrobée dans un soap-opéra grandiose à l'humour décapant...
LUNDI 4 MARS à 18h et 21h


CONNAISSANCE DU MONDE : PEROU CHILI, DESERT D'ATACAMA, ILE DE PAQUES
Film et récit de Hervé Haon
Entre le Sud Pérou et le Nord Chili s’étend le grand désert d’Atacama. Coincé entre le Pacifique et la Cordillère des Andes, c’est le désert de tous les superlatifs : le plus haut, le plus aride. Le désert des déserts. Avec Pedro de Valdivia, le conquérant du Chili, nous voyagerons dans le temps.
Nazca et ses énigmatiques lignes visibles seulement du ciel, la terrible épopée du salpêtre qui durant un demi-siècle mobilisa des milliers d’hommes et de femmes, et l’île de Pâques nous attendent.

JEUDI 7 MARS à 14h30 et 18h


BlancanievesBLANCANIEVES
Film espagnol de Pablo Berger avec Maribel Verdù. (2012 - 1h30)
Sud de l'Espagne, années 20. Carmen est une belle jeune fille. Fuyant un passé, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulan-te de nains toreros qui va l'adopter et lui donner le surnom de "Blanca-nieves". C'est le début d'une aventure qui va la conduire vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable...
Servi par une bande musicale tonitruante, un Blanche-Neige revisité à la sauce espagnole, en format 1,33 Noir & Blanc et muet ! Qui l'eut cru ? C'est la plus belle surprise de ce début d'année, à voir absolument.
LUNDI 11 MARS à 18h et 21h


Dans la brumeDANS LA BRUME
Film allemand de Sergeï Loznitsa avec Vladimir Svirskiy. (2012 - vostf - 2h07)


Une forêt. Deux résistants.Un homme à abattre, accusé à tort de collaboration. Comment faire un choix moral dans des circonstances où la morale n’existe plus ?
Durant la Seconde Guerre mondiale, personne n’est innocent.
Beau, âpre et implacable, Dans la brume, le film de Loznitsa, évite l'écueil de l'ennui grâce à l'efficacité glaçante de ce qu'il donne à voir.

LUNDI 18 MARS à 18h et 21h


Syngué Sabour - Pierre de patience

SYNGUE SABOUR, pierre de patience
Film Afghan de Atiq Rahimi avec Golshifteh Farahani, Hamidreza Javdan, Massi Mrowat... (2011 - vostf - 1h42)
Quelque part en Afghanistan. Une jeune femme veille sur son mari, combattant paralysé après avoir reçu une balle dans la nuque. Elle ne sait même pas s’il peut l’entendre, la sentir ou même s’il est conscient. Dehors les combats continuent. La jeune femme se dévoile peu à peu : sa langue se délie, libérant son corps… Et ses secrets…
Le cinéaste et poète afghan adapte au cinéma son roman, lauréat du prix Goncourt 2008.
LUNDI 25 MARS à 18h et 21h


CONNAISSANCE DU MONDE : LE YEMEN
Film et récit de Alain Saint-Hilaire
Au Yémen, on ne sait jamais si on évolue dans le rêve ou la réalité tant on a le sentiment d’être en permanence dans un décor de théâtre ou de cinéma : paysages grandioses des djebels avec leurs villages en nid d’aigle accrochés sur des pitons rocheux et qui surplombent des cascades de terrasses cultivées couvertes de céréales ou d’arbres à qat.
Le Yémen est plus qu’une découverte, c’est une rencontre qui marque les voyageurs pour le reste de leur existence….
JEUDI 28 MARS à 14h30 et 18h


WadjdaWADJDA
Arabie Saoudite film de Haifaa Al-Mansour avec Reem Abdullah, Waad Mohammed, Abdullrahman Al Gohani... (2011 - vostf - 1h38)
Wadjda, dix ans, habite dans une banlieue de Riyadh. C’est une fille pleine de vie qui cherche toujours à en faire plus que ce qui lui est permis. Afin d’acheter un vélo, elle décide de trouver l'argent par ses propres moyens, déterminée à se battre pour défendre ses rêves...
Film magnifique venu d'Arabie saoudite et réalisé par une femme ! On rit,on pleure... Subtil message. Coup de coeur à la Mostra de Venise.
LUNDI 1er AVRIL à 18h et 21h


 

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