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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 08:51

The LunchboxTHE LUNCHBOX
Comédie indienne de Ritesh Batra avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazuddin Siddiqui... (2013 - vostf - 1h44)
Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu'une erreur de livraison s'est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l'espoir de percer le mystère.

 

La critique de toutlecine.com :

Ritesh Batra fait plus ici que prouver que le cinéma indien n’a rien à envier à son modèle hollywoodien, en plus de construire une comédie romantique qui remplit le cahier des charges du genre (une rencontre inopportune entre deux êtres que tout oppose, une dose d’humour avec des personnages secondaires cocasses…), il intègre un troisième personnage qui donne tout son intérêt au film, la nourriture.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 08:35

Rêves d'orREVES D'OR
Film méxicain de Diego Quemada-Diez avec Brandon López, Rodolfo Dominguez, Karen Martínez... (2013 - vostf - 1h42)
Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux Etats-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant pas l'espagnol et qui se joint à eux. Mais lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité…

un film juste et engagé

ef1068e2dbde1d8d61295b28feebbf6a386410a0 1024x681 Rêves dOr, un film juste et engagé

Juan, Sara et Samuel, 15 ans, fuient le Guatemala pour tenter de rejoindre les Etats-Unis. Au cours de leur traversée du Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien tzotzil ne parlant pas espagnol et voyageant sans papier. Les adolescents aspirent à un monde meilleur au-delà des frontières mexicaines mais très vite, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité.

Un système qui se déclare le chantre de la démocratie et de la liberté.

Filmé entre le Guatemala, le Chiapas ou encore la Californie, ce film suit le périple de ces adolescents comme si nous étions nous aussi des migrants. Il nous fait passer de la poésie à travers des paysages somptueux filmés magnifiquement, à la violence soudaine et insupportable. Ancien assistant de Ken Loach, Diego Quemada-Diez a réalisé ce film comme un documentaire. Ce voyage représente six ans d’investigations auprès de centaines de migrants. Il a fait lui-même trois fois le voyage. Avec sa caméra au plus près des personnages, nous sommes sur le train, le long des voies ferrées, nous vivons cette misère, nous sommes confrontés au sordide, à la peur mais aussi à la joie et la tendresse. Diego Quemada-Diez a fait avec ce film une histoire universelle sur le sort des migrants. On participe à l’entraide de ces gens qui rêvent d’un ailleurs mais aussi à l’égoïsme et la violence de ceux qui n’ont pas plus qu’eux.

 

« Rêves d’Or » est un film, on le comprendra, très engagé. Brandon López, Karen Martínez, les deux jeunes acteurs de seize ans ont été choisis parmi les 3000 jeunes qui se sont présentés pour le casting organisé dans le quartier le plus pauvre et le plus dangereux de la capitale. Ils sont impressionnants de justesse et de vérité. Rodolpho Domínguez, l’indien Tzotzil lui a été repéré lors d’un casting dans un village isolé dans les montagnes du Chiapas. Il possède lui aussi une véritable sensibilité artistique. Filmé en lumière naturelle, la qualité esthétique de ce film participe à des moments de fortes émotions. Diego Quemada-Diez avec son premier film qui a été sélectionné à Cannes dans la catégorie un « Certain Regard », et qui a reçu le prix d’un « Certain Talent », est un très grand moment de cinéma

 

Diego Quemada-Diez  cite le témoignage qu’il a recueilli d’un Mexicain, Juan Menéndez López, au moment où il allait monter dans un train de marchandises avec ses sept compagnons donne le sens de sa démarche: «On apprend beaucoup le long du chemin. Ici, nous sommes tous frères. Nous avons tous les mêmes besoins. L’important, c’est que nous apprenions à partager. C’est seulement comme ça que nous pouvons avancer, que nous pouvons atteindre notre destination, seul un peuple uni peut survivre. En tant qu’êtres humains, nous ne sommes clandestins nulle part sur cette planète». A méditer.

 

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 08:47

Plot For PeacePLOT FOR PEACE

(UN COMPLOT POUR LA PAIX)
Film documentaire de Carlos Agulló, Mandy Jacobson avec Antony Partos... (2O13 - vostf - 1h24)
L'histoire du «complot» ayant conduit à la libération de Nelson Mandela. Pour la première fois, des chefs d'Etat, généraux, diplomates, maitres espions et combattants anti-apartheid révèlent comment les pays africains de la «ligne de front» ont contribué à la fin de l'apartheid.

 

Jean-Yves Ollivier est un homme d’affaires français, face à la situation en Afrique du Sud, il organise différentes réunions qui aboutissent à des traités de paix, avec les pays voisins de l’Afrique du Sud et laisse entrevoir une fin à l’Apartheid et la libération de Nelson Mandela. L'histoire de cet homme de l’ombre, surnommé « Monsieur Jacques », est racontée grâce à des images d’archives, mais aussi des témoignages des acteurs majeurs, comme Winnie Mandela, icône de la résistance anti-apartheid, ou Thabo Mbeki, l’ancien président de l'Afrique du Sud, qui racontent comment les négociations se sont déroulées dans le plus grand secret ...

LA CRITIQUE

A la fin des années 1980, sous le nom de code « Monsieur Jacques », l'homme d'affaires français Jean-Yves Ollivier a oeuvré dans l'ombre pour négocier la paix entre l'Angola et l'Afrique du Sud, avant de contribuer à la fin de l'apartheid et à la libération de Mandela. Quand on découvre le mystérieux émissaire, un jovial pied-noir à l'anecdote facile et à l'embonpoint hitch­cockien, on a bien du mal à le croire si influent. Mais le documentaire, très pédagogique, de Mandy Jacobson et Carlos Agulló est largement étayé par des témoignages de chefs d'Etat et d'huiles du renseignement de l'époque...

 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 08:53

The ImmigrantTHE IMMIGRANT
Drame, romance de James Gray avec Joaquin Phoenix, Marion Cotillard, Jeremy Renner... (2013 - vostf - 1h57)

1921. Ewa et sa sœur Magda quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York. Arrivées à Ellis Island, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules. Pour sauver sa sœur, elle est prête à tous les sacrifices et se livre, résignée, à la prostitution. L’arrivée d’Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, lui redonne confiance et l'espoir de jours meilleurs. Mais c'est sans compter sur la jalousie de Bruno...

Après le magnifique "Two Lovers", James Gray revient avec "The Immigrant", un film qui réunit Marion Cotillard et Joaquin Pheonix. En 1921, Ewa quitte la Pologne pour les USA avec sa sœur, atteinte de tuberculose et retenue en quarantaine à Ellis Island. Ewa va tout faire pour retrouver sa sœur... Pourquoi ne faut-il pas manquer ce film ? Explications de notre chroniqueur Vincent Malausa.

1. On ne manque pas un film de James Gray  

James Gray avait réalisé deux films coup sur coup en 2007-2008 ("La Nuit nous appartient" et "Two Lovers"), rompant avec la légende d'un cinéaste d'une grande rareté. Il a fallu cinq ans pour qu'il réapparaisse, ce qui donne à "The Immigrant" des allures de grand retour.

Le film ne déçoit pas, car Gray n'a rien perdu de ses qualités : sa mise en scène est d'une puissance baroque rare, "The Immigrant" prenant des allures de fresque un peu hallucinée sur fond de prostitution et de souillure du rêve américain. La chute du maquereau incarné par Phoenix, qui prend en charge le personnage de Cotillard lors de son arrivée à Ellis Island, est d'une beauté sourde et mélancolique.

 

2. C'est une belle revanche pour Marion Cotillard

Après le bashing dont elle fut la cible pour sa performance dans le dernier "Batman" de Christopher Nolan, Marion Cotillard s'impose enfin dans un rôle d'envergure aux États-Unis. Le personnage d'Ewa, d'une fragilité seulement apparente, correspond parfaitement aux qualités d'interprétation si singulières de Marion Cotillard.

L'actrice joue d'une raideur et d'une dignité dont on ne sait jamais où elle vont la mener, entre le chic et le sordide, mais aussi entre les ténèbres promises par le souteneur Bruno et ses rêves d'Amérique et de grandeur. Gray joue avec une grande élégance de la beauté duplice et ambiguë de son héroïne, qui porte littéralement le film sur ses épaules.

 

3. Joaquin Phoenix est prodigieux

Depuis son retour dans "The Master", Joaquin Phoenix est métamorphosé. Dans "The Immigrant", sa performance pousse un peu plus l'acteur dans une théâtralité outrée qui en fait un véritable monstre de jeu, loin de ses rôles tout en retenue de ses débuts.

L'oeuvre de Gray doit énormément à Phoenix, et celui-ci atteint dans "The Immigrant" une intensité dramatique d'une rare puissance, jouant entre un statut de prédateur et un autre de créature pathétique, vouée à l'échec. C'est un personnage terriblement émouvant qui se dissimule derrière le diable dont Gray dresse le portrait.

 

4. Une écriture au diapason

Gray est celui qui a réussi à faire croire récemment que Canet pouvait réaliser un bon film ("Blood Ties") en lui écrivant un scénario absolument parfait, renforcé par la performance de comédiens hors-classe. On ne sera donc pas surpris que "The Immigrant" soit un film dont la précision d'écriture dépasse de très loin tous les films qu'on a vus sur le sujet depuis plusieurs années.

Le mouvement de "The Immigrant", à la fois ample et souverain, oscille entre l'intime et la fresque historique, tirant du portrait d'Ewa un mélodrame âcre et de son sujet plus général (le miroir aux alouettes des États-Unis du début des années 20) une parabole remarquable sur l'histoire de la civilisation américaine.

 

5. Un film qui termine en beauté cette grande année des "super-auteurs" américains

Ultime raison de se précipiter voir ce chef-d'oeuvre : Gray vient confirmer que 2013 aura été une année très riche pour le grand cinéma américain après les films de Kathryn Bigelow ("Zero Dark Thirty"), Quentin Tarantino ("Django Unchained"), Paul Thomas Anderson ("The Master") ou Steven Spielberg ("Lincoln").

En attendant les prochains films de Michael Mann, Darren Aronofski ou David Fincher, "The Immigrant" confirme que le cinéma américain néo-classique se porte extrêmement bien.

 

Par  Chroniqueur cinéma

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 08:49

Il était une forêtIL ETAIT UNE FORET
Film documentaire de Luc Jacquet (2012 - 1h20)
Pour la première fois, une forêt tropicale va naître sous nos yeux. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants de la canopée en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce sont pas moins de sept siècles qui vont s’écouler sous nos yeux.

Il était une forêt : plongez dans le règne végétal de Luc Jacquet

Une magnifique plongée dans le règne végétal qui jamais n'est apparu aussi vivant à l'écran, un très beau conte pédagogique.

 

Pour la première fois, une forêt tropicale va naître sous nos yeux. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants de la canopée en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce sont pas moins de sept siècles qui vont s’écouler sous nos yeux.

 

Il était une forêtNouveau bijou cinématographique de Luc Jacquet ( La Marche de l'Empereur, Le Renard et l'enfant), Il était une forêt vous touchera par sa sensibilité et sa délicatesse. Loin du discours moralisateur, le but de ce documentaire est avant tout de nous raconter une histoire, celle des grandes forêts des tropiques. Aussi passionnante qu'une saga familiale, on découvre comment les générations d'arbres, de plantes et d'animaux de succèdent pour devenir ces gigantesques forêts. Comment au fil des siècles, ils naissent, grandissent et meurent, doucement mais sûrement on pourrait ainsi dire, alors que la main humaine, elle, arrive à les terrasser en quelques mois. Et c’est justement le point de départ du film. A travers les prises de vue du réalisateur, les dessins du botaniste Francis Hallé et sous l'envoûtante voix de Michel Papineschi, une forêt renaît sous nos yeux alors qu'elle vient d'être détruite. Réaliste, mais placé sous le signe de l'espoir, il nous est conté à quel point le monde végétal est précieux.

 

Il était une forêtVéritable leçon de sagesse et de patience, Il était une forêt rappelle le respect que nous devons à cette planète, et oui votre écolo de critique en est convaincue. La force du long métrage de Luc Jacquet est de rendre passionnant ce qui semble immobile, inerte et impersonnel. Il nous explique très bien comment les différentes espèces cohabitent, du plus petit au plus grand, mais aussi s'affrontent pour survivre. Comment les plantes mutent pour résister aux prédateurs, comment les arbres entre eux se livrent une bataille acharnée pour recueillir les éléments essentiels à leur survie. Mais la production ne fait pas que montrer de belles images sur la sensible musique d' Eric Neveux, ce qui en soit est déjà un argument suffisant pour aller voir le film sur grand écran. Porté par l'association Wild-Touch, crée par le réalisateur suite au succès international de La Marche de l'Empereur, le film a suscité de nombreux supports comme un web-feuilleton mais aussi une résidence d'artistes. Le but est que l'image soit au service de la conservation de la nature. Bien entendu le tournage s'est effectué dans le respect de l'environnement. Luc Jacquet fait partie de ces artistes qui vont au bout de leurs convictions et l'on en remercie pour cela.

 

Pour tous les amoureux de la nature.

 

Par Laura Terrazas

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 08:35

Le médecin de familleLE MEDECIN DE FAMILLE
Thriller argentin, espagnol de Lucia Puenzo avec Alex Brendemühl, Natalia Oreiro, Diego Peretti (2013 - vostf - 1h30)
Patagonie, 1960. Un médecin allemand rencontre une famille argentine sur la longue route qui mène à Bariloche où Eva, Enzo et leurs trois enfants s’apprêtent à ouvrir un hôtel au bord du lac Nahuel Huapi. Cette famille modèle ranime son obsession pour la pureté et la perfection, en particulier Lilith, une fillette de 12 ans trop petite pour son âge.
Sans connaître sa véritable identité, ils l’acceptent comme leur premier client. Ils sont peu à peu séduits par le charisme de cet homme, l’élégance de ses manières, son savoir et son argent, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils vivent avec l’un des plus grands criminels de tous les temps.

Le Médecin de famille : une effroyable expérience

 Le Médecin de famille est un film délicieusement dérangeant et sombre, porté par une mise en scène subtile, un peu trop peut-être ?

 

Le médecin de famillePentagonie, 1960. Un physicien allemand rencontre une famille argentine sur la longue route qui mène à Bariloche où Eva, Enzo et leur trois enfants s'apprêtent à ouvrir une chambre d'hôtes au bord du lac Nahuel Huapi. Cette famille modèle ranime son obsession pour la pureté et la perfection, en particulier Lilith, une fillette de 12 ans trop petite pour son âge. Sans connaître sa véritable identité, ils acceptent leur premier client. Ils sont peu à peu séduits par le charisme de cet homme, l'élégance de ses manières, son savoir et son argent jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils vivent avec l'un des plus grands criminels de tous les temps.

 

Le médecin de familleEn adaptant son propre roman, intitulé Wakolda, Lucia Puenzo dépeint l'histoire de son pays. La mère, trop naïve ou simplement peu soucieuse de chercher la vérité, accueille presque à bras ouvert cet étrange médecin tandis que le père, étranger à la communauté germanique en Argentine reste méfiant. Sans faire de procès, elle illustre très bien comment les criminels du régime nazi ont pu trouver refuge après la fin de la seconde guerre mondiale. Ce médecin, dont l'Histoire retiendra le nom de Mengele sévit sous les traits du très inquiétant et donc talentueux Alex Brendemühl. S'oppose à lui Florencia Bado, son objet de fascination qui devient celui du spectateur tant le regard de la jeune fille accroche la caméra, comme par magie.

 

Le médecin de familleSoucieuse de sa mise en scène, la réalisatrice livre un bel objet cinématographie soigné et tout en subtilité. Derrière les magnifiques plans de paysage se cachent d'abominables expériences et des criminels impunis. Mais une telle délicatesse entraine son film aux frontières d'une fable plutôt que d'une terrible vérité historique. Si au début du long métrage, le sentiment étrange d'un malaise est efficace, il peine à gagner en intensité et la chute, même si elle est révélée dans le synopsis, n’est pas aussi frappante qu'elle devrait l'être. Mais qu'importe, la narration rattrape ce manque de poigne. A travers la fabrication des poupées et des dessins anatomiques omniprésents à l'écran, deux idéologies s'opposent. Celle du père de la famille, artisan créant et réparant des poupées imparfaites mais uniques contre celle de ce savant fou produisant en série des poupées tout à fait identiques. Ces objets devenus fétiches font figure d'une métaphore évidente.

 

Présenté à la Sélection Un Certain Regard à Cannes cette année, Le Médecin de famille représentera L'Argentine aux Oscars 2014. Gageons que cela conférera au film une longue et belle renommée internationale, méritée.

 

Pour les paysages alpins dont la beauté contraste avec les effroyables expériences de ce médecin de famille.

 

Par Laura Terrazas

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 08:34

POUR CONSULTER ET IMPRIMER LE PROGRAMME PAPIER DES AMIS DU CINEMA CLIQUEZ ICI !


NOUVELLE ZELANDE : Voyage au coeur de la Nature
Film et récit de Serge Oliero dans le cadre de "Connaissance du Monde"
L’auteur nous emmène des îles Cook, joyau du pacifique et  point de départ de la dernière conquête  des maoris à la pointe nord de la Nouvelle Zélande.
Vierge de toute présence humaine la Nouvelle Zélande accueille désormais ses premiers colons.
Pour mieux comprendre ce pays à la beauté magique et sauvage, le réalisateur nous invite à suivre un itinéraire qui nous emmène du Nord au Sud, sur la trace des maoris et des nouveaux migrants.
La Nouvelle Zélande est un pays dont l’énergie vous transporte et suscite toutes les passions
VENDREDI 6 DECEMBRE à 14h30 et 18h


La Vénus à la fourrureLA VENUS A LA FOURRURE

Comédie de Roman Polanski avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner (2012 - 1h36)
Vanda, véritable ouragan aussi débridée que délurée débarque à une audition pour un rôle au théâtre. Contraint et forcé, le réalisateur la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit l’intense Vanda se métamorphoser. Le rôle lui colle à la peau…
Avec cette nouvelle adaptation d’une pièce de théâtre, après Carnage, Roman Polanski revient à son cinéma d’autrefois, dans lequel l’homme y est vulnérable, fragile mais aussi cruel et ridicule. Une vraie réussite !  

LUNDI 9 DECEMBRE à 18h et 20h45


Le médecin de familleUN MEDECIN DE FAMILLE
Thriller argentin, espagnol de Lucia Puenzo avec Alex Brendemühl, Natalia Oreiro, Diego Peretti (2013 - vostf - 1h30)
Patagonie, 1960. Un médecin allemand se lie d’amitié avec une famille argentine qui ouvre un hôtel. Sans connaître sa véritable identité, ils sont séduits par le charisme de cet homme, l’élégance de ses manières, son savoir et son argent, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils vivent avec l’un des plus grands criminels de tous les temps...
Des acteurs à tomber, des décors de rêve, une mise en scène subtile, une ambiance qui nous enveloppe : un film délicieusement dérangeant...
LUNDI 16 DECEMBRE à 18h et 20h45


Il était une forêtIL ETAIT UNE FÔRET...
Film documentaire français de Luc Jacquet avec Francis Hallé. (1h20)
Pour la première fois, une forêt tropicale va naître sous nos yeux. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants, de la canopée en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce ne sont pas moins de sept siècles qui vont s’écouler sous nos yeux.
Luc Jacquet, réalisateur de «La marche de l’empereur», «Le renard et l’enfant» nous offre une plongée exceptionnelle dans le monde sauvage des grandes forêts primaires des tropiques, resté dans son état originel, où chaque organisme -du plus petit au plus grand–, joue un rôle essentiel...
LUNDI 23 DECEMBRE à 18h (prix réduit 5e) et 20h45


The ImmigrantTHE IMMIGRANT
Drame, romance de James Gray avec Joaquin Phoenix, Marion Cotillard, Jeremy Renner... (2013 - vostf - 1h57)
1921. Ewa et sa sœur Magda quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules. Pour sauver sa sœur Magda, malade, elle est prête à tous les sacrifices et se livre, résignée, à la prostitution. L’arrivée d’Orlando, illusionniste, devrait changer les choses...
Beau, subtil dans son message politique, interprété par des acteurs formidables, «The immigrant» confirme avec la manière que James Gray reste plus que jamais l’un des meilleurs cinéastes de sa génération.
LUNDI 30 DECEMBRE à 18h (prix réduit 5e) et 20h45


Plot For PeacePLOT FOR PEACE (COMPLOT POUR LA PAIX)
Film documentaire de Carlos Agulló et Mandy Jacobson (2013 - vostf - 1h24)
L'histoire du «complot» ayant conduit à la libération de Nelson Mandela. Pour la première fois, des chefs d'Etat, généraux, diplomates, maitres espions et combattants anti-apartheid révèlent comment les pays africains de la «ligne de front» ont contribué à la fin de l'apartheid...
Jean-Yves Ollivier est un homme d’affaires français, fin des année 80, il organise différentes réunions qui aboutissent à des traités de paix, avec les pays voisins de l’Afrique du Sud et laisse entrevoir une fin à l’Apartheid et la libération de Nelson Mandela. L'histoire de cet homme de l’ombre, surnommé «Monsieur Jacques», est racontée grâce à des images d’archives, mais aussi des témoignages des acteurs majeurs, comme Winnie Mandela ou Thabo Mbeki, l’ancien président de l'Afrique du Sud, qui racontent comment les négociations se sont déroulées dans le plus grand secret ...
LUNDI 6 JANVIER à 18h et 20h45 Jeanny Lorgeoux Sénateur-Maire, interviendra au cours de la soirée pour évoquer «cet aspect méconnu mais capital de l’Histoire»...


Rêves d'orREVES D’OR
Film mexicain de Diego Quemada-Diez avec Brandon López, Rodolfo Dominguez, Karen Martínez... (2013 - vostf - 1h42)
Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux Etats-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent un indien du Chiapas, qui se joint à eux. Mais lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure réalité…
Sans artifice ni fioriture, ce film distille l’émotion au goutte à goutte et nous laisse sonnés avec son dernier plan où cohabitent apaisement et désespoir.
LUNDI 13 JANVIER à 18h et 20h45


LIBYE Entre mer et désert
Film et récit de Anne Sopie Tiberghien dans le cadre de "Connaissance du Monde"
La Libye s’ouvre.Tripoli la capitale, Grands sites archéologiques : Sabratha, Leptis Magna, Apollonia, Cyrène…
Désert de l’Akakus : Peintures rupestres, lacs salés.
Fêtes berbères et touaregs. Ghat et Ghadamès, perles du désert.
5 sites classés au patrimoine de l’Unesco.
VENDREDI 17 JANVIER à 14h30 et 18h


The LunchboxTHE LUNCHBOX

Comédie indienne de Ritesh Batra avec Irrfan Khan... (2013 - vostf - 1h44)
Une erreur dans le service pourtant très efficace de livraison le lunchboxes met en relation une jeune femme au foyer et un homme plus âgé, au crépuscule de sa vie. Ils s’inventent un monde à deux grâce aux notes qu’ils s’échangent par le biais du coffret repas...
Une rencontre inopportune entre deux êtres que tout oppose, une dose d’humour avec des personnages secondaires cocasses et un rôle central pour la nourriture : cette comédie romantique indienne est pleine de charme.
LUNDI 20 JANVIER à 18h et 20h45


Le DémantèlementLE DEMANTELEMENT

Film canadien de Sébastien Pilote avec Gabriel Arcand... (2013 - 1h52)
Dans une région reculée du Canada, la crise économique contraint de plus en plus les paysans à céder leurs propriétés. Gaby, éleveur de moutons lui, résiste. Sa ferme est sa seule raison de vivre...
Dans les paysages immenses canadiens, on contemple un homme qui se défait. Sans rien dire et encore moins montrer. Tout se joue dans le regard d’un fabuleux comédien. Mais aussi sur celui que pose sur lui son réalisateur : intense, mais sec, dénué de la moindre complaisance, ou sensiblerie.
LUNDI 27 JANVIER à 18h et 20h45


Eka et Natia, Chronique d'une jeunesse géorgienneEKA ET NATIA
Film géorgien de Simon Gross avec Lika Babluani, Mariam Bokeria, Zurab Gogaladze... (2013 - vostf - 1h42)
Inséparables, Eka et Natia vivent à Tbilissi, en Géorgie, au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique. À 14 ans, elles vivent le quotidien des jeunes filles de leur âge, dans la rue, à l’école, avec les amis ou la famille. Confrontées à la domination des hommes, elles luttent pour leur liberté avec l’énergie et la force de la jeunesse.
La coréalisatrice géorgienne Nana Ekvtimishvili, qui signe ici un premier long éblouissant, a puisé dans ses propres souvenirs pour nourrir cette formidable chronique au scénario aussi ténu que sa mise en scène est brillante. Une image somptueuse, signée Oleg Mutu, et surtout deux merveilles d’actrices débutantes recrutées à Tbilissi : Lika Babluani (Eta) et Mariam Bokeria (Natia). Leur grâce est d’être belles et rebelles, comme si de rien n’était.
LUNDI 3 FEVRIER à 18h et 20h45


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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 08:30

La Vénus à la fourrureLA VENUS A LA FOURRURE
Comédie de Roman Polanski avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner (2012 - 1h36)
Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable ouragan aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Le rôle lui colle à la peau, l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue alors en obsession…

La Vénus à la fourrure : huis-clos virtuose pour Roman Polanski 

La Vénus à la fourrure - Mathieu Amalric, Roman Polanski, Emmanuelle SeignerAvec cette nouvelle adaptation d’une pièce de théâtre, après Carnage, Roman Polanski revient à son cinéma d’autrefois, dans lequel l’homme y est vulnérable, fragile mais aussi cruel et ridicule. Une vraie réussite qui nous réconcilie avec le réalisateur de Rosemary’s Baby.

 

La Vénus à la fourrure - Mathieu AmalricAdaptée d’une pièce écrite par David Ives, l’intrigue ne met en scène que deux personnages, un metteur en scène et une actrice, enfermés dans un théâtre, discutant de l’œuvre de Leopold von Sacher-Masoch, elle-même intitulée Vénus à la Fourrure, qui lui avait valu de donner son nom au sadomasochisme. Roman Polanski transforme ce huis-clos en poésie portée par la mélodie des mots de David Ives, le jeu de Mathieu Amalric, captivant et surtout la mise en scène millimétrée, angoissante, passionnante.

 

La Vénus à la fourrure - Mathieu Amalric, Emmanuelle SeignerNous pénétrons dans l’espace scénique ainsi que dans le champ fictif du film par un long travelling, nous en sortirons de la même façon, et à partir de ce moment seulement l’action peut naître sous nos yeux de spectateur. Cet espace est absolument primordial dans la mise en scène qui en joue pour montrer les rapports de domination soumission, entre l’homme et la femme, le personnage de severin et celui de Vanda, entre le metteur en scène et son actrice. Les personnages s’affrontent, s’humilient tour à tour par actes et par mots tout en critiquant une à une les prétentions d’une certaine conception du théâtre, en même temps qu’ils offrent une réflexion sur la misogynie, sur l’art surtout et la possibilité de créer et d’interpréter librement.

 

La Vénus à la fourrure - Roman PolanskiUne discussion sur le théâtre et sur la vie rendue captivante aussi bien par les sous-thèmes qu’elle soulève, que par cette réalité et cette fiction qui s’inversent, se mélangent, jsuqu’à en être indissociables, teintées toutes deux de ce burlesque si caractéristique des premiers films de Polanski. Le film et la performance des acteurs oscillent toujours entre horreur et comédie, jusqu’à ne pouvoir les désolidariser l’une de l’autre dans un final drôle, mystique et jouissif. L’ensemble est habillé par une musique d’ Alexandre Desplat toute aussi teintée de cette dualité troublante. On pense au Bal des Vampires, on pense à Lune de Fiel et on pense surtout que l’on est heureux de retrouver le réalisateur de ce cinéma misanthrope et ridiculement drôle.

 

Par Camille Esnault

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 11:40

OmarOMAR
Film palestinien de Hany Abu-Assad avec Adam Bakri, Leem Lubany, Waleed Zuaiter... (2010 - vostf - 1h37)
Omar vit en Cisjordanie. Habitué à déjouer les balles des soldats, il franchit quotidiennement le mur qui le sépare de Nadia, la fille de ses rêves, et de ses deux amis d'enfance, Tarek et Amjad. Les trois garçons ont décidé de créer leur propre cellule de résistance et sont prêts à passer à l'action. Leur première opération tourne mal. Capturé par l'armée israélienne, Omar est conduit en prison. Relâché contre la promesse d'une trahison, Omar parviendra-t-il malgré tout à rester fidèle à ses amis, à la femme qu'il aime, à sa cause?

Omar : l'ère du soupçon 

Omar, seul film palestinien sélectionné à Un certain regard, porte un regard sur le conflit israëlo-palestinien à travers l’itinéraire d’un jeune homme qui, sans lui, pourrait être comme tous les autres. Mais le conflit décidera de son histoire d’amour, qui sans qu’un mot soit dit, se brisera en même temps que notre cœur.

 

OmarOmar, le dernier film d’ Hany Abu-Assad, fait parler de lui parce qu’il est un des premiers films à être 100% produit par l’industrie du cinéma palestinienne. Il prouve alors qu’il existe aussi là-bas un engagé bien-sûr, mais pas que, exigeant aussi dans la mise en scène, dans les dialogues et les scènes d’action ici. Hany Abu-Assad a voulu construire son film comme un western, deux forces s’affrontent, les occupants (israëliens) et les résistants (plestiniens). Omar a décidé d’arrêter d’être un simple observateur pour avoir une action sur son futur bonheur en libérant son pays.

 

OmarIl aurait pu être un jeune homme comme les autres, aimer, penser comme tous les garçons de son âge, oui mais l’occupation ennemie complique tout : les sentiments, les relations avec ses amis et les situations les plus banales, comme aller rendre visite à des amis, se transforment en épreuve de force dans lesquelles on risque sa vie. C’est ce que le réalisateur veut montrer que le contexte politique détermine les relations entre les êtres. Tant que l’occupant sera là : les personnages ne seront libres, ni de leur pensée, ni de leur sentiments, ni de leur identité. L’histoire d’amour entre Omar et Nadia aurait été différente si elle était née ailleurs, mais elle ne pourra aboutir dans cette société où le soupçon est constant, sur l’étranger bien-sûr, mais également sur l’autre que l’on considère comme un frère. Hany Abu-Assad distille le soupçon partout, dans sa mise en scène, en nous cachant certains éléments, dans son propos : chaque personnage est soupçonnable.

 

OmarLe réalisateur montre, avec une infinie intelligence, comment l’amour de deux êtres liés par la confiance, peut être perverti par le contexte aussi bien social que politique. Il passe à côté du danger du manichéisme qui menace son propos. Aucun personnage n’est monolithique, tous sont doubles : Omar qui travaillera pour les deux camps, le personnage du policier israëlien, qui se fait passer pour un palestinien grâce à son arabe parfait ou encore le personnage de Nadia que l’on n’arrive à saisir qu’à la toute fin. Un soupçon entretenu jusqu’au dénouement final, d’autant plus fort qu’il se passe de mots et est porté par le seul jeu des acteurs, surtout de celui d’ Adam Bakri, alias Omar, au charisme fou. Ainsi Hany abu-Assad prouve qu’il fait partie de ces cinéastes qui préfèrent montrer plutôt que dire, de ceux qui construisent alors les sentiments les plus forts.

 

Par Camille Esnault

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 08:34

Inside Llewyn DavisINSIDE LLEWYN DAVIS
Chronique musicale américaine de Joel Coen et Ethan Coen avec Carey Mulligan, Oscar Isaac, Justin Timberlake... (2013 - vostf - 1h45)
La vie d'un jeune chanteur de folk dans l'univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu'un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien, et affronte des obstacles qui semblent insurmontables - à commencer par ceux qu'il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l'aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n'importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu'à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman - avant de retourner là d'où il vient...

Inside Llewyn Davis : leçon de comédie des frères Coen 

Les Frères Coen s’intéressent une nouvelle fois à la figure de l’outsider dans Inside Llewyn Davis, sorte de biopic d’un chanteur folk avant son invention. Entre galères en tous genres, impliquant en fil rouge les mésaventures d’un chat roux qui croise le chemin du héros, et moment de grâce musicaux, les réalisateurs américains montrent une fois de plus qu’ils maîtrisent parfaitement l’art du scénario.

 

Inside Llewyn Davis - Oscar IsaacAutres grands chouchous du festival : les frères Coen viennent cette année combler toutes les attentes dont ils faisaient l’objet. C’est à travers une histoire du early Folk, c’est-à-dire celui d’avant Dylan, que les deux réalisateurs ont choisi d’observer le New-York des années 60. Leur guide infiltré dans le Greenwich village de l’époque, c’est ce Llewyn Davis dont le titre reprend le nom, un musicien fauché comme les blés, qui passe de galère en galère, loge sur le canapé de chaque personne qu’il rencontre, met enceinte la copine de son meilleur ami, se fait tabasser par un inconnu dans une ruelle ou encore perd le chat d’un couple d’amis à lui. Magnifiquement interprété par Oscar Isaac, le père de Drive, Llewyn est le double fictif de Dave Von Ronk, ce poète-musicien qui faisait de la folk avant l’heure, plus comme un manifeste contre la société uniformisée de l’époque et contre l’ennui bourgeois instauré en système, que pour gagner sa vie visiblement. Les années 60 étaient alors l’époque des labels poussiéreux, qui ne donnaient pas un sous à leurs artistes, mais leur permettait d’enregistrer leur 33 tours. C’était aussi celle où les cafés étaient remplis de futures grandes stars qui s’y produisaient dans l’espoir de se faire découvrir.

 

Inside Llewyn Davis - Justin Timberlake, Carey MulliganSi ça a marché pour Dylan, ce ne sera pas le cas pour Llewyn qui conservera sa position de looser sympathique durant tout le film. C’est cette posture d’outsider qui intéresse la caméra des Coen qui, pour parler de la musique folk s’arrêtent précisément sur l’époque précédent son avènement. Ils construisent leur long-métrage comme une épopée dans laquelle Llewyn interprète le rôle du héros quasi mythologique, il devient Ulysse (nom donné au personnage du chat) traversant les mers avant de rentrer chez lui. Mais à la différence du personnage d’Homer, Llewyn n’a pas de foyer vers lequel rentrer, la musique étant son seul point d’ancrage au milieu du désordre ambiant. Plus qu’un loser sympathique, le musicien se dévoile doucement artiste abandonné, que le suicide de son partenaire a obligé à affronter seul le processus de création et le monde, comme si les Coen imaginaient douloureusement eux-mêmes la perte de l’autre.

 

Inside Llewyn Davis - Justin Timberlake, Garrett Hedlund, Oscar IsaacSi Inside Llewyn Davis parle en philigrane de la difficulté d’être un artiste et de résister aux chants des sirènes d’une carrière plus conformiste, ce n’est pas le ton général du film qui se pare des atours d’une parfaite comédie. L’humour incisif des Coen fait une fois de plus mouche au sein d’un film qui ne délaisse pas pour autant la forme au profit du fond. L’image de Bruno Delbonnel donne au film un aspect sixties léché qui nous donne l’impression de regarder une photographie de l’époque et offre ainsi le meilleur écrin possible à ce scénario, sans fausse note, imaginé par les frères Coen.

 

Par Camille Esnault

 

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