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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 07:27

PhilomenaPHILOMENA
Film anglais de Stephen Frears avec Judi Dench. (2013 - vostf - 1h38)
Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains.
Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver. Cinquante ans plus tard, sa quête continue...

Philomena : une épopée maternelle bouleversante  

 Judi Dench excelle, comme toujours, en affrontant un Steve Coogan étonnant dans Philomena, l'histoire vraie d'un secret gardé durant cinquante longues années...

 

Philomena - Judi Dench, Steve CooganDes histoires de jeunes filles tombant enceintes accidentellement, on en a vu beaucoup ! Des histoires de jeunes filles tombant enceintes et voyant l'Église Catholique vendre leur bébé, c'est un peu plus rares... En 1952, une adolescente irlandaise nommée Philomena, met au monde un enfant hors mariage et est envoyée au couvent. Elle travaille à la blanchisserie et n'est autorisée à voir son fils qu'une heure par jour. C'est à l'âge de trois ans que son fils va être vendu à de riches américains par les bonnes sœurs de son couvent. Durant cinquante ans, Philomena aura laissé cette douloureuse expérience sous silence. C'est quand elle dévoile au grand jour son lourd secret, qu'elle fait la rencontre d'un journaliste, Martin Sixtmith. Celui-ci va l'aider à retrouver son fils.

 

Philomena - Sophie Kennedy ClarkPhilomena, c'est un film à contempler sous tous ses angles. On a d'abord l'histoire d'un passé difficile et d'une volonté inépuisable de rédemption. Philomena a reçu une éducation catholique et a réclamé, toute sa vie, qu'on lui demande pardon. Ainsi beaucoup de questions se posent... De quels péchés Philomena veut-elle se faire pardonner ? Tout s'explique au fil de l'histoire et on découvre la culpabilité qu'a cette vieille femme a tout simplement avoir profiter de ses atouts de jeune fille.

Chose incongrue à notre époque où la sexualité n'est plus un tabou et n'a de secrets pour personne. On découvre alors une Philomena quelque peu conservatrice qu'on aurait envie de rendre à l'évidence. C'est à ce moment précis que Martin Sixmith intervient. Car finalement, il ne s'agit pas seulement d'un simple journaliste en quête d'un buzz et d'une nouvelle reconnaissance. Martin Sixmith, c'est en vérité l'élément clé qui va créer ce choc des cultures si propre au film. En effet, si le journaliste incarne la perte en la foi religieuse, Philomena, elle, renvoie à une croyance en tant que besoin et réconfort.

 

Philomena - Judi Dench, Steve CooganEntre foi et laïcité, le spectateur ne sait plus où se situer. Et c'est tant mieux ! Car, de cette façon, le scénario prouve une absence entière de parti pris. L'affrontement de convictions opposées ouvre alors un débat qui reste, fort heureusement, dans les respect des cultures. Finalement, au fur et à mesure de l'histoire, Philomena s'avère loin d'être ignorante et laisse paraître la sagesse d'une grande dame. On reste déconcertés face à l'Église catholique en ne blâmant pas pour autant la religion. Car ce que tente d'expliquer le film à travers le personnage de Philomena c'est sans doute que la religion n'est pas un problème mais c'est ce que l'homme en fait.

 

Philomena - Stephen Frears, Steve CooganQuant aux acteurs, ils se sont vraisemblablement investis. Touchants, attendrissants et drôles à la fois, cet incongru duo est desservi par une Judi Dench toujours au top et un Steve Coogan surprenant. S'éloignant de ses rôles habituels de comiques, l'acteur n'est pas pour autant écrasé par l'incontournable prestance de Judi Dench. Le duo est harmonieux donc et est filmé sans faire paraître un pathos exagéré. Bref, Stephen Frears prend véritablement plaisir à filmer cette pair de choc.

 

Le casting, le réalisateur, l'histoire, son authenticité... Tout a été conçu pour donner vie à un résultat convaincant. A première vue, il s'agit d'un synopsis aux airs de faits divers, mais on y découvre une intelligente réflexion. Car ce que cette adaptation cinématographique évoque avant tout, c'est l'espoir que le film permettra de réunir mères et enfants séparés au couvent de Roscrea dans les années 50.

 

Par Mélanie Bonvard

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 08:39
Wajma, une fiancée afghane

D'emblée, la surprise de se retrouver en plein Kaboul, comme si la capitale afghane était une ville comme les autres, avec ses échoppes, ses embouteillages, ses taxis, ses habitants. Surprise plus grande encore de découvrir Wajma et Mustafa, deux jeunes amoureux comme il en existe dans la plupart des grandes villes du monde. Lui, d'origine iranienne, habillé à l'occidentale, avec de petites lunettes qui lui donnent un vague air d'étudiant (en réalité, il est serveur dans un restaurant). Elle, charmante et timide, étudiante en droit, vivant encore chez ses parents. La mère est en adoration devant sa fille ; le père, loin de Kaboul, travaille à déminer des zones de guerre.

Wajma Bahar dans le film afghan de Barmak Akram, "Wajma, une fiancée afghane".
« Wajma, une fiancée afghane » : le combat d'une Afghane pour le simple droit à aimer

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Lire :  la rencontre avec trois acteurs du film

Une guerre qui est loin des préoccupations des personnages de ce film poignant et courageux réalisé par Barmak Akram. Diplômé de la Fémis, des Beaux-Arts et des Arts déco, il est l'auteur de textes de chansons interprétées par M (Mathieu Chedid) ou encore Susheela Raman, de nombreux films documentaires et d'un premier long-métrage, L'Enfant de Kaboul (2009), écrit en collaboration avec Jean-Claude Carrière.

Wajma et Mustafa s'aiment et rien ne semble pouvoir entraver leur passion naissante. Naviguant savamment entre tradition et modernité, ils semblent résignés à attendre le mariage pour pouvoir faire l'amour. Sauf qu'un soir, Mustafa est pris d'un violent désir…

A cet instant, ce qui aurait pu être un conte moral afghan bascule dans le tragique. Apprenant que sa fille est enceinte, le père de Wajma revient à la maison. On découvre en Mustafa un homme d'une insigne lâcheté. L'archaïsme des traditions refait violemment surface. On comprend alors que le propos d'Akram n'est pas tant de raconter une histoire d'amour que de décrire les traitements discriminatoires dont sont victimes les femmes en Afghanistan.

Wajma Bahar et Mustafa Abdulsatar dans le film afghan de Barmak Akram, "Wajma, une fiancée afghane".

Dans ce pays ambivalent, dont on sent à quel point il aspire à la modernité, environ 500 femmes s'immolent chaque année, seul moyen souvent pour elles d'échapper aux pesanteurs et à la violence d'une société incapable de leur reconnaître le droit d'aimer quand elles le souhaitent.

Il neige sur Kaboul. Au loin, de magnifiques montagnes encerclent la ville, donnant l'impression de vouloir l'enfermer, lui imposer des traditions que les téléphones portables et les ordinateurs ne tarderont pas, peut-être, à faire voler en éclats. Honneur familial sali, vie maudite à jamais, empreinte des archaïsmes les plus fondamentaux, la colère du père de Wajma semble sans limites. Et pourtant, à voir la résistance sourde qui commence à se mettre en place dans la maison, on se prend à espérer qu'un jour Wajma réussisse à sortir de cet enfer. Lorsque le père de celle-ci se risque à solliciter une consultation juridique au procureur de Kaboul, le diagnostic tombe : « L'esprit arriéré de notre société peut provoquer la mort sociale de votre fille. Emmenez-la loin d'ici. »

Les acteurs sont remarquables, à commencer par Bahar Wajma (Wajma) et Haji Gul Aser (son père). Prix du scénario au Festival du film de Sundance 2013, Wajma, une fiancée afghane est un film d'une grande force, confirmant le talent de Barmak Akram, à la fois scénariste, chef opérateur et réalisateur de ce long-métrage.



Film afghan de Barmak Akram avec Bahar Wajma, Mustafa Abdulsatar, Haji Gul Aser, Breshna Bahar (86 minutes).

Sur le Web : www.ascdistribution.com/fiche.asp?id=59

 

"Wajma, une fiancée afghane", de Barmak Akram

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 18:11

Photo du film LE VENT SE LÈVE 

Pour consulter et imprimer le programme papier des Amis du Cinéma, cliquez sur cette ligne !


Pierre Rabhi au nom de la terrePIERRE RABHI au nom de la terre
Documentaire français de Dominique Dhelsing avec Pierre Rabhi.(2012- 1h38)
Pierre Rabhi est paysan, écrivain et penseur. Il est l’un des pionniers de l’agro-écologie en France. Amoureux de la Terre nourricière, engagé depuis quarante ans au service de l’Homme et de la Nature, il appelle aujourd’hui à l’éveil des consciences pour construire un nouveau modèle de société où «une sobriété heureuse» se substituerait à la surconsommation et au mal-être des civilisations contemporaines...
Découvrez grâce à ce film, limpide et didactique, cet homme du concret et ce libre-penseur au coeur de ses nombreux environnements militants...
DU JEUDI 6 AU LUNDI 10 FEVRIER


BARCELONE, ILES BALEARES

Ambiances de la Méditerranée.
Film de Jean-Luc Marchand dans le cadre de "Connaisance du Monde"
VENDREDI 7 FEVRIER à 14h30 et 18h


Le Géant Egoïste LE GEANT EGOISTE
Film anglais de Clio Barnard avec Sean Gilder... (2013 - vostf - 1h33)
Arbor et Swifty 13 ans, vivent dans un quartier populaire de Bradford. Exclus de leur école, ils décident de gagner leurs vies en travaillant pour un ferrailleur. Alors qu'ils commencent à travailler pour lui, on découvre qu'il organise également des courses de chevaux clandestines.
"Le Géant égoïste" est un des plus beaux films sur l'enfance, dans la grande tradition réaliste du cinéma anglais. Tout est exécuté avec doigté, virtuosité et modestie, c'est bouleversant et magnifique.
LUNDI 10 FEVRIER à 18h et 20h45


Tel père, tel filsTEL PERE, TEL FILS
Film japonais de Hirokazu Kore-Eda avec M. Fukuyama. (2013 - vostf - 2h00)
Ryoata, architecte réputé, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats le jour où la maternité leur apprend que deux enfants ont été échangés à la naissance : l’enfant qu’ils ont élevé n’est pas leur véritable fils.
Le réalisateur tient jusqu'au bout le fil de l'émotion grâce à une mise en scène à l'image de la vie, faite de moments simples et de dilemmes personnels, de fous rires et de larmes. Un film lumineux et gorgé de vie...
LUNDI 17 FEVRIER à 18h et 20h45


All Is LostALL IS LOST
Film d'aventure de J.C. Chandor avec Robert Redford. (2013 - vostf - 1h46)
Un bateau. La mer. Un homme. Un incident. Une aventure incroyable...
A partir d'un scénario de 30 pages sans presque aucun dialogue, le cinéaste se propose de raconter une histoire d'une simplicité déconcertante et d'une épure minérale. Son atout ? Robert Redford, acteur phénoménal qui démontre à 77 ans une puissance de jeu absolument ébouriffante. Il transmet une multitude d'émotions et affiche une sensibilité bouleversante.
LUNDI 24 FEVRIER à 18h (prix réduit 5e) et 20h45


ZuluZULU
Policier de Jérôme Salle avec O. Bloom, Forest Whitaker. (2013 - vostf - 1h52)
Dans une Afrique du Sud encore hantée par l'apartheid, deux policiers un noir et un blanc, pourchassent le meurtrier d'une jeune adolescente. Des Townships de Cape Town aux luxueuses villas du bord de mer, cette enquête va bouleverser la vie des deux hommes et les contraindre à affronter leurs démons intérieurs.
Un thriller de très grande classe, où l’amour pour le pays transpire dans tous les plans. Présenté en clôture du Festival de Cannes 2013.
LUNDI 3 MARS à 18h (prix réduit 5e) et 20h45


Wajma, une fiancée afghaneWAJMA une histoire d’amour afghane
Film afghan de Barmak Akram avec Wajma Bahar... (2013 - vostf - 1h25)
À Kaboul, Mustafa et Wajma débutent une relation clandestine qui va à l'encontre des règles de la société dans laquelle ils vivent...
On voit peu de films afghans, et pour cause. Celui-ci est exceptionnel. Pas de fanatiques, une guerre qui reste en toile de fond, mais à l’opposé, une jeunesse qui a soif de vivre, des téléphones portables, une fille qui perd sa vertu par amour, nous sommes dans des milieux certes urbains, mais pas privilégies à l’extrême. Cela pourrait en fait se dérouler ailleurs et c’est bien cela qui fait l’universalité de l’œuvre.
LUNDI 10 MARS à 18h et 20h45


Le Vent se lèveLE VENT SE LEVE
Film d'animation japonais de Hayao Miyazaki. (2013 - vf et vostf) - 2h06)
Jiro est un jeune Japonais plein d'ambition, qui rêve de conduire des avions. Mais sa myopie l'empêche de devenir pilote. Ne se laissant pas abattre pour autant, il va se découvrir une véritable passion pour l'ingénierie et devenir l'un des ingénieurs les plus doués de son époque. Mais le jeune homme va devoir faire face aux évènements familiaux et historiques qui auront marqué toute une génération...
Avec ce film rétrospectif et sentimental sur son travail et son pays, Miyazaki rend grâce au souffle du monde traversant toute son œuvre. "Le vent se lève" en est d'ailleurs la plus aérienne manifestation.
DU MERCREDI 12 AU MARDI 18 MARS (Printemps du Cinéma)


PhilomenaPHILOMENA
Film anglais de Stephen Frears avec Judi Dench. (2013 - vostf - 1h38)
Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains.
Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver. Cinquante ans plus tard, sa quête continue...
Mêlant comédie et drame, le nouveau film de Stephen Frears est un petit bijou qui émeut autant qu’il suscite la réflexion. Tout simplement brillant. 
LUNDI 17 MARS 18h et 20h45 (3,5e Printemps du Cinéma)


Les Grandes Ondes (à l'ouest)LES GRANDES ONDES (à l’ouest)
Comédie suisse de Lionel Baier avec Michel Vuillermoz, Valérie Donzelli. (2013 - 1h30)
En avril 1974, deux journalistes travaillant pour la radio suisse sont en reportage au Portugal quand éclate la Révolution des oeillets...
Insolent comme une comédie italienne des 60-70, ce road-movie atypique revendique sa part de légèreté pour brosser un exubérant portrait de groupe et célébrer la démocratie. Le conflit entre un Michel Vuillermoz à la mémoire défectueuse et une Valérie Donzelli féministe offre un vent de folie à cette plongée colorée dans l’histoire récente de l’Europe.
LUNDI 24 MARS à 18h et 20h45


VOYAGE EN PAYS CATHARE

Histoires et Terroirs d’Oc.
Film et récit de Guy Cousteix dans le cadre de "Connaissance du Monde
JEUDI 27 MARS à 14h30 et 18h


GloriaGLORIA
Fim chilien de Sebastián Lelio avec Paulina García... (2013 - vostf - 1h50)
A 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l'espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre de sa vie.
Paulina García, qui interprète tout en nuances ce portrait de femme sublime et une héroïne aussi inoubliable que la Gloria de John Cassavetes.
LUNDI 31 MARS à 18h et 20h45


Viva la libertàVIVA LA LIBERTA
Film italien de Roberto Ando avec Toni Servillo... (2013 - vostf - 1h34)
Quand le chef d’un grand parti d’opposition disparaît dans la nature, on le remplace en douce par son frère jumeau, philosophe bipolaire à la parole libre qui va se montrer bien plus efficace que prévu...
Roberto Andò critique malicieusement le manque de sincérité de la classe politique italienne. la satire fait mouche grâce à Toni Servillo, qui allie fantaisie et gravité dans un double rôle épatant.Une comédie citoyenne !
LUNDI 7 AVRIL à 18h et 20h45


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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:25

ZuluZULU
Policier de Jérôme Salle avec Orlando Bloom, Forest Whitaker. (2013 - vostf - 1h52)

Dans une Afrique du Sud encore hantée par l'apartheid, deux policiers pourchassent le meurtrier d'une jeune adolescente. Des Townships de Cape Town aux luxueuses villas du bord de mer, cette enquête va bouleverser la vie des deux hommes et les contraindre à affronter leurs démons intérieurs.

 

la critique du film...

Fait divers brutal : une jeune fille est battue à mort à Capetown. Dans ce polar très noir adapté d'un roman de Caryl Férey, deux flics sud-africains opiniâtres mènent l'enquête entre townships misérables et villas de luxe. Le réalisateur français Jerôme Salle et ses interprètes, l'Américain Forest Whitaker et l'Anglais Orlando Bloom, ont su donner de la densité à cette descente aux enfers. En capitaine de police d'apparence débonnaire, mais secrètement déglingué par les traumatismes de l'apartheid, Whitaker est parfait, toujours aussi subtil et déroutant. Mais c'est d'Orlando Bloom que vient la vraie surprise — même si son personnage d'alcoolo revenu de tout est plutôt conventionnel : sa performance inquiète, rageuse, le propulse aux antipodes de l'elfe blond un peu fade qu'il incarne dans Le Seigneur des anneaux et Le Hobbit. Une (re)découverte. — C.M.

 

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 09:39

All Is LostALL IS LOST
Film d'aventure de J.C. Chandor avec Robert Redford. (2013 - vostf - 1h46)
Un bateau. La mer. Un homme. Un incident. Une aventure incroyable...

Un incident A partir d'un scénario de 30 pages sans presque aucun dialogue, le cinéaste se propose de raconter une histoire d'une simplicité déconcertante et d'une épure minérale. Son atout ? Robert Redford, acteur phénoménal et aujourd'hui bien trop rare qui démontre à 77 ans une puissance de jeu absolument ébouriffante. Uniquement par son regard et les expressions de son visage, il transmet une multitude d'émotions et affiche une sensibilité à fleur de peau bouleversante. Un très très grand rôle pour un acteur qui n'avait pourtant plus rien à prouver.


Deuxième film de J.C. Chandor après le très remarqué Margin Call, All is lost part d'un concept risqué pour accoucher d'une œuvre magnifique et brute, dénuée de tout artifice.

 

All Is Lost - Robert RedfordAvec un film dans lequel c'est à l'acteur de tout porter sur ses épaules, le réalisateur doit apprendre à s'effacer tout en faisant attention de ne jamais faire l'erreur de tomber dans un académisme plan-plan qui réduirait la force de l'entreprise. Ainsi, le cinéaste ne joue jamais le jeu de la facilité et ne tente à aucun moment de dynamiser la lenteur obligatoire du métrage qui, si elle lui permettrait de gagner en efficacité, amoindrirait finalement la puissance du récit. Heureusement, J.C. Chandor a l'intelligence de ne jamais en faire trop tout en se servant de la mise en scène pour parler à la place du personnage.

Une ode à la vie bouleversante

All Is Lost - Robert RedfordAlors que Margin Call avait été salué pour la réussite de son scénario et de ses très nombreux dialogues, le cinéaste prend le contre-pied des attentes et fait uniquement de l'image. Comme avec cette musique, minimaliste mais indispensable, sa mise en scène se base sur l'évocation et renvoie à la pureté d'œuvres littéraires de grands auteurs américains comme Hermann Melville ou Hemingway comme avait su le faire il y a quelques temps Joe Carnahan pour son formidable Territoire des loups. All is lost convoque bien évidemment les souvenirs du Vieil homme et la Mer avec un récit qui, sans ne jamais glorifier son personnage et transformer ses actes en héroïsme, parle finalement et intimement de courage et d'existence.

 

All Is Lost - Robert RedfordAll is Lost est une ode à la vie bouleversante qui prend aux tripes par la puissance de ses images et de l'interprétation son acteur. S'il pourrait paraître très lent pour certains, c'est dû au choix de Chandor de ne jamais amoindrir le douloureux chemin de croix de son personnage. Une route périlleuse et interminable qui finit par toucher le cœur. Plus que tout, et de par le sublime de sa dernière image, All is Lost parle de renoncement. Si le film évoque bien sûr la grandiose Odyssée de Pi par sa situation, c'est peut être finalement du coté de Gravity qu'il faut aller chercher.

 

Par Jordan Kalfon

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 08:53

Tel père, tel fils

TEL PERE, TEL FILS
Film japonais de Hirokazu Kore-Eda avec M. Fukuyama. (2013 - vostf - 2h00)
Ryoata, architecte réputé, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats le jour où la maternité leur apprend que deux enfants ont été échangés à la naissance : l’enfant qu’ils ont élevé n’est pas leur véritable fils.
Le réalisateur tient jusqu'au bout le fil de l'émotion grâce à une mise en scène à l'image de la vie, faite de moments simples et de dilemmes personnels, de fous rires et de larmes. Un film lumineux et gorgé de vie...

Tel père tel fils : l'instinct paternel selon Kore-Eda 

 Kore-Eda était une nouvelle fois en compétition officielle au dernier festival de Cannes, avec son film Tel père, tel fils. Après son I Wish, sorti l’année dernière, portrait très juste de l’enfance à travers le lien qui unit deux jeunes frères, il confirme sa grande habilité à saisir cet âge de la vie...

 

Tel père tel fils - Yoko Maki, Masaharu FukuyamaKore-Eda est un des chouchous du festival de Cannes puisque son film Tel père, tel fils est le cinquième présenté à Cannes. Il prouve une nouvelle fois qu’il mérite sa place dans la sélection avec un portrait émouvant de l’enfance et des relations père, fils. La situation initiale, celle de deux bébés échangés à la naissance, qu’il exploite, est assez usitée par le cinéma, on pense bien-sûr chez nous à La vie est un long fleuve tranquille de Chatiliez, mais dans l’œil de Kore-Eda elle gagne en puissance. Le cinéaste installe doucement cette situation de départ pour, très progressivement, la transcender dans un final chargé en émotion.

 

Tel père tel filsC’est le quotidien des deux familles bouleversé, que le réalisateur prend le temps de montrer, pointant ainsi du doigt la difficulté, voir l’impossibilité, de remplacer les liens du cœur par ceux du sang. C’est bien cette question qui est au centre de la réflexion du long-métrage : l’amour porté à son enfant est-il lié au sang que l’on partage avec lui ? C’est en tout cas ce dont est persuadé le père d’une des deux familles qui, une fois la vérité mise au jour dira une seule chose « tout s’explique donc ». Ce tout, c’est cette différence entre son fils, timide, doux et fragile et lui-même froid, bourreau de travail, obsédé par la réussite. C’est à cette vérité qu’il se raccrochera et au nom de cette dernière qu’il s’autorisera à commettre un acte des plus monstrueux : dire au petit garçon qui l’appelle papa que le nouveau couple qui va désormais l’élever l’aime bien plus que lui.

 

Tel père tel fils - Masaharu FukuyamaSi c’est cette relation père, fils qui est au premier plan, la place des femmes est pourtant indispensable. Comme en retrait dans les actions mises en scènes, en un plan les isolant côte à côte dans un restaurant, Kore-Eda nous fait comprendre que c’est elles qui détiennent le pouvoir. Ce que le père comprendra seulement dans la dernière scène, les femmes l’ont elles tout de suite saisi : l’amour n’est soumis à aucune condition empirique. C’est avec cette réponse délicatement amenée par le japonais que le film, imparfait bien-sûr, par exemple dans l’opposition si dichotomique des deux familles, des deux pères surtout , qu’elle en devient stéréotypée, s’achève et finit de nous séduire.

 

Par Camille Esnault

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 20:10

Pierre Rabhi au nom de la terrePIERRE RABHI au nom de la terre
Documentaire français de Dominique Dhelsing avec Pierre Rahi. (2012 - 1h38)
Pierre Rabhi est paysan, écrivain et penseur. Il est l’un des pionniers de l’agro-écologie en France. Amoureux de la Terre nourricière, engagé depuis quarante ans au service de l’Homme et de la Nature, il appelle aujourd’hui à l’éveil des consciences pour construire un nouveau modèle de société où « une sobriété heureuse » se substituerait à la surconsommation et au mal-être des civilisations contemporaines...
Ce film, limpide et didactique, aurait pu [et dû] exister voici dix ou vingt ans. Mais il aura fallu attendre que le monde soit cerné de crises pour qu'une telle parole soit diffusée à une plus grande échelle... On se réjouit, quoi qu'il en soit, de découvrir ici, Pierre Rabhi cet homme du concret et ce libre-penseur au coeur de ses nombreux environnements militants...

Portrait d'un paysan sans frontières

Difficile de dresser le portrait de Pierre Rabhi, ce paysan, écrivain et penseur, qui reste l'un des pionniers de l'agro-écologie en France. Son combat, c'est la terre. Son arme, c'est l'échange. C'est ainsi que la documentariste Marie-Dominique Dhelsing l'a suivi et au fil des rencontres, c'est une pensée en mouvement qui se dessine, avec pour fil conducteur cette citation qui nous revient sans cesse : «Résiste, il y va de ta vie».

 

Plus qu'un portrait, ce qui importe dans ce documentaire, c'est le cheminement. L'itinéraire d'un sage, né à la porte du désert algérien, puis élevé par un couple de Français dès l'âge de 5 ans, ouvrant ainsi la voie d'une double culture, d'une passerelle qu'il ne cessera de franchir entre ces terres, ces êtres, qui ont pour dynamique commune ce sol, cette terre, qui rend la planète une et indivisible. «Je ne crois pas à la lutte qui serait simplement dans les éclats de colère. Je crois que la lutte aujourd'hui doit être dans -Je fais- ». Et de faire, il en est question dans la vie de cet être, qui, depuis 1981, transmet son savoir-faire entre l'Afrique et l'Europe. Fervent défenseur de l'agro-écologie, dont il est le pionnier en France, il s'agit bien de rendre au paysan son autonomie totale. Présentée comme une éthique de vie et une pratique agricole, elle «replace l'être humain dans sa responsabilité à l'égard du vivant». Ainsi, viennent témoigner ceux qui ont rejoint la lutte, ces hommes de terrain, qui font office de passeur.

 

En creux de ce documentaire à la fois généreux et didactique, se dessine également le portrait d'un poète, voire d'un philosophe, qui s'acharne à mettre de la poésie dans toute écriture. A l'évocation de ses écrits (Du Sahara aux Cévennes, Le Gardien du feu), c'est la sphère intime que Marie-Dominique Dhelsing parvient à apprivoiser, rendant l'espace d'un instant immobile cet homme mobile, qui bouge tout le temps pour trouver des sous, mettre en place des programmes et surtout garder cette cohérence qui est d'être en harmonie avec la beauté de la vie. C'est donc bien une rencontre qui s'établit ici, entre des spectateurs et un homme qui résiste tant qu'il y a de la vie, avec poésie toujours, au nom de la terre et de nos enfants.

 

Si vous souhaitez éveiller vos consciences, Pierre Rabhi au nom de la terre est fait pour vous.

 

Par Laure Croiset

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 08:59

Le Géant égoïsteLE GEANT EGOISTE
Film anglais de Clio Barnard avec Sean Gilder, Siobhan Finneran, Lorraine Ashbourne... (1h33)
Arbor, 13 ans, et son meilleur ami Swifty habitent un quartier populaire de Bradford, au Nord de l’Angleterre. Renvoyés de l’école, les deux adolescents rencontrent Kitten, un ferrailleur du coin. Ils commencent à travailler pour lui, collectant toutes sortes de métaux usagés. Kitten organise de temps à autre des courses de chevaux clandestines. Swifty éprouve une grande tendresse pour les chevaux et a un véritable don pour les diriger, ce qui n’échappe pas au ferrailleur. Arbor, en guerre contre la terre entière, se dispute les faveurs de Kitten, en lui rapportant toujours plus de métaux, au risque de se mettre en danger. L’amitié des deux garçons saura-t-elle résister au Géant égoïste ?

Le Géant égoïste : un film criant de vérité

Un des plus beaux films sur l'enfance, à la fois dans la grande tradition réaliste du cinéma anglais et tout imprégné de préoccupations formelles. Tout est exécuté avec doigté, virtuosité et modestie, c'est bouleversant et magnifique.

 

Le Géant égoïsteLe film réalisé par Clio Barnard met en scène des enfants de 13 ans, Arbor et Swifty, vivant dans un quartier populaire de Bradford. Exclus de leur école, les deux amis décident de gagner leurs vies et rencontrent un ferrailleur, Kitten. Alors qu'ils commencent à travailler pour ce dernier, on découvre qu'il organise également des courses de chevaux clandestines. Ces courses vont inévitablement intéresser Swifty qui est un grand passionné. Kitten va ainsi le prendre sous son aile et Arbor, quant à lui, va se sentir en retrait.

 

Le Géant égoïsteLes deux rôles principaux sont ainsi aussi attachants qu'adorablement insolents. Clio Barnard filme ses deux acteurs sans retenue et avec réalisme, se détachant du cliché des mauvais garçons de banlieue. Car si Arbor et Swifty sont des enfants turbulents, paradoxalement ils restent d'une maturité surprenante. Ils ont conscience des soucis d'adultes que rencontrent leurs parents et s'investissent dedans jusqu'à s'y sentir concerner malgré leur jeune âge. On surprendra alors Arbor rassurer sa mère en larmes dans ses bras lors d'une scène touchante par son déconcertant inversement des rôles. Et alors qu'Arbor prend la place du protecteur au sein du foyer familial, Swifty, lui, est tiraillé entre son devoir de garçon modèle et son désir de se marginaliser. Avec des personnages aux airs de Ken Loach, on a affaire à des situations délicates qui dépeignent un monde dépourvu d'avenir et d'emplois pour une communauté défavorisée et injustement délaissée.

 

Le Géant égoïsteOn fait donc ici face à un film criant de vérité à l'insolence intelligente et s'éloignant de ces stéréotypes d'adolescents dits sans ambition. Car même le rapport aux équidés est traité avec justesse ici. Swifty est un garçon qui éprouve une tendresse infinie pour les chevaux. Ce trait de caractère du personnage ne tombe pas dans les niaiseries forcées ou agaçantes et quelques plans suffisent pour découvrir un Swifty bouleversant dans son rapport aux chevaux. L'alchimie entre les deux acteurs, quant à elle, fonctionne parfaitement. Car bien que Conner Chapman et Shaun Thomas ne soient pas professionnels, ils restent très bons et l'insolence de leurs rôles les rend tout de suite attachants. Il en est de même pour le fameux géant égoïste (Kitten) joué par Sean Gilder, connu dans la série Shameless. L'acteur parvient à être incroyablement détestable et laisse son spectateur mitigé entre sa façon d'exploiter les enfants et celle de leur donner une chance de gagner leur vie.

 

Un film à voir absolument, aussi bien pour ses acteurs que pour ses personnages construits avec précision mais sans prétention aucune.

 

Par Mélanie Bonvard

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 08:56

Eka et Natia, Chronique d'une jeunesse géorgienneEKA ET NATIA
Film géorgien de Simon Gross avec Lika Babluani, Mariam Bokeria, Zurab Gogaladze... (2013 - vostf - 1h42)
Inséparables, Eka et Natia vivent à Tbilissi, en Géorgie, au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique. À 14 ans, elles vivent le quotidien des jeunes filles de leur âge, dans la rue, à l’école, avec les amis ou la famille. Confrontées à la domination des hommes, elles luttent pour leur liberté avec l’énergie et la force de la jeunesse.

Eka et Natia : un beau portrait de femmes

Réalisé par Nana Ekvtimishvili et Simon Gross, Eka et Natia, chronique d'une jeunesse géorgienne emmène son spectateur dans les périples d'une génération complexe mais attachante.

 

Eka et Natia, Chronique d'une jeunesse géorgienneAux vues du synopsis de ce film géorgien, on appréhende quelque peu un concentré de stéréotypes d'histoires de femmes montrant une communauté hermétique ainsi qu'un combat interminable et redondant entre les sexes. Eka et Natia, chronique d'une jeunesse géorgienne conte l'histoire de deux adolescentes de 14 ans dans les années 90 devant faire face à un mode de vie difficile et oppressant mené par les hommes de leur entourage. Entre le père alcoolique, les garçons turbulents des quartiers et la difficulté d'être épouse au sein d'un foyer familial, le cocktail semble donc (malheureusement) parfait pour laisser place à un long métrage féministe aux revendications bancales.

 

Eka et Natia, Chronique d'une jeunesse géorgienneFort heureusement il n'en est rien, ou du moins presque. Certes, l'introduction n'est pas très appétissante. L'histoire commence douloureusement avec son atmosphère familiale pesante. D'entrée de jeu, on comprend donc que les personnages ont un quotidien peu évident. Mais si le film prend du temps a véritablement démarré, le reste de l'histoire s'éloigne du pathos. On découvre petit à petit la complicité de ces deux jeunes filles aussi proches que différentes. Car si Eka semble plus secrète, Nakia, elle, s'affirme déjà bien caractérielle pour son âge. Cette dernière se dévoile plus sure d'elle et ne manque pas de répartie avec les hommes. Dépeints ainsi, on pense alors qu'en dix minutes de film, les deux personnages sont cernés. Mais le scénario ne manque pas de surprendre lorsque Eka et Nakia se procurent un revolver.

 

Eka et Natia, Chronique d'une jeunesse géorgienneLeur univers s'effondre à partir de ce moment là et l'arme devient le véritable fil conducteur du scénario. Nakia change de personnalité et s'enferme dans une condition qui est contraire à celle qui était dévoilée au début du film. Eka, elle, s'affirme silencieusement en se montrant comme la plus sensée des deux. Le revirement est intelligemment dérangeant et le film pose la question de la violence comme moyen d'émancipation. On a alors affaire à un beau portrait de femmes qui ne se contente pas non plus d'éradiquer la communauté masculine grâce à des moments de douceur et de fête. Les personnages secondaires montrent l'adolescence sans paraître : premières bêtises, conflits, cachoteries et intérêts sexuels... Un agréable sentiment de nostalgie nous parvient.

 

On regrettera probablement un contexte politique trop peu traité pour comprendre les difficultés vécues par les jeunes filles et l'oppression exercée par d'autres. Mais au moins, le scénario ne manque pas de rebondissements et sert un duo d'actrices très convaincants.

 

Par Mélanie Bonvard

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 08:44

Le DémantèlementLE DEMANTELLEMENT
Film canadien de Sébastien Pilote avec Gabriel Arcand, Gilles Renaud, Lucie Laurier... (2013 - 1h52)
Gaby est éleveur de moutons dans une ferme qu'il a héritée de son père. Il y vit seul depuis que ses filles sont parties s'installer à Montréal. Dans cette région reculée, la crise économique contraint de plus en plus les paysans à céder leurs propriétés. Gaby, lui, résiste. Sa ferme est sa seule raison de vivre. Jusqu'au jour où sa fille, acculée par des problèmes financiers, lui demande de l'aide. Gaby, chez qui le sentiment de paternité est particulièrement développé, va tout faire pour l’aider...


L'avis de Pierre Murat de Télérama :
« C’est une variation sur Le Père Goriot de Balzac, transposée de nos jours au Canada. Dans des paysages immenses et immobiles, on contemple donc un homme qui se défait. Sans rien dire et encore moins montrer. Tout se joue dans le regard du fabuleux comédien qu’est Gabriel Arcand. Mais aussi sur celui que pose sur lui son réalisateur : intense, mais sec, dénué de la moindre complaisance, ou sensiblerie. »

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