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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 08:20

NEBRASKA
Film américain de Alexander Payne avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb. Prix d’interprétation à Cannes.  (2013 - vostf - 1h50)
Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit.
Épaulé par son fils, le vieil homme retrace les souvenirs de son enfance.
Drôle, émouvant, entêtant et profondément humain, Alexander Payne livre ici son meilleur film. Un road movie touchant sur le rapport filial...

Nebraska : le road-movie rédempteur d’Alexander Payne

 Alexander Payne, après le succès de The Descendants, revient avec un récit de famille à reconstruire. Il embarque Bruce Dern et Will Forte dans un voyage qui les mènera sur les traces du passé et surtout sur le chemin de la rédemption.

 

Nebraska - Bruce DernLa sélection cannoise fait souvent le grand écart entre les genres. En mai dernier, on est alors passé tout à fait naturellement de l’histoire d’amour entre Adèle et Léa, à l’extra violence de la guerre de gangs mexicains développée dans Heli, ou encore au road-trip initiatique de Nebraska. Road trip développé à la sauce aigre-douce, spécialité d’Alexander Payne, réalisateur de The Descendants. La forme balisée du voyage géographique n’est qu’un prétexte à celui métaphorique parcouru par un père et son fils, et enfin par toute une famille, pour se retrouver, malgré les années de négligence du patriarche, traumatisé par la guerre de Corée, et réfugié dans l’alcool. Retrouvailles qui ne se feront pas sans quelques heurts mais finalement rien de très méchant, à part les dialogues parfois acides de Payne et les situations cocasses, notamment lors des dîners en famille ou d’une scène de vol d’un compresseur dans laquelle les voleurs se retrouveront à restituer eux-mêmes l’objet du délit.

 

Nebraska - Bruce Dern, June SquibbLe vieil homme idéaliste est facilement pardonnable et les confrontations familiales ne laissent finalement pas tant de séquelles que ça, à l’image du long-métrage. Si la galerie de personnages construite par le réalisateur nous attendrit par la bienveillance du regard qu’il porte dessus, comme le font les situations parfois attendrissantes, l’impact de l’ensemble reste minime. Le noir et blanc léché, la performance tout en mesure des acteurs, Bruce Dern en tête, ne parviendront pas à élever le long-métrage à un plus haut rang que celui de feel-good movie comme on dit aujourd’hui. La faute à une forme d’abord, celle du road-movie, à un scénario ensuite, bien trop calibrés pour nous transporter. Le long-métrage roule entre les clichés, le père traumatisé par la guerre, les enfants délaissés, la description d’un monde perverti par l’argent et le mensonge, les secrets de famille…

 

Finalement on s’attend à tout et on est bouleversé par rien. Attendris et amusés au maximum le récit d’Alexander Payne se conclut comme on l’attendait, sur un dernier cadeau d’un fils à son père, en forme de pardon à celui qui n’a pas su aimer correctement.

 

Par Camille Esnault

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 08:40

PAS SON GENRE

Comédie romantique de Lucas Belvaux avec Emilie Dequenne, Loïc Corbery, Sandra Nkake... (1h51)

Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C'est alors qu'il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

Pas son genre : une comédie romantique suprenante

Une comédie romantique surprenante portée par un irrésistible duo d'acteurs. On rit, on est parfois même un peu ému, mais on passe surtout un bon moment devant Pas son genre.

 

Pas son genre - Emilie DequenneElle est coiffeuse, il est prof de philo. Elle aime lire des magazines people ou bien des romans d'Anna Gavalda, lui préfère Kant ou la littérature russe. Elle espère et attend le prince charmant, lui serait plutôt considéré comme handicapé des sentiments. Ils appartiennent à deux mondes différents, n'ont pas grand chose en commun, et pourtant le destin va les faire se rencontrer et s'aimer.

 

Pas son genre - Emilie Dequenne, Loïc CorberyEn choisissant d'adapter le roman de Philippe Vilan, Lucas Belvaux livre une bien jolie comédie romantique, qui, bien qu'usant des codes typiques du genre, n'est pas si légère que ça. Pas son genre joue sur les clichés et les différences sociales entre les mondes respectifs des deux personnages. Jennifer est une jolie blonde pétillante, bavarde, qui aime chanter, n'a pas honte de se lâcher. Clément est le typique intello parisien, plus réservé, qui ne regarde pas la télévision... Au-delà de la fracture sociale entre les deux protagonistes, c'est davantage la fracture culturelle qui est abordée et qui met en péril leur relation. Le film explore toutes ces différences qui peuvent venir briser les liens tissés entre Jennifer et Clément. Leur est-il possible de construire quelque chose ensemble quand tout les sépare ? Les deux ont envie d'y croire, et pourtant... Ajoutez à cela l'incapacité à s'engager du personnage de Clément, qui apparaît dès le départ comme un homme aillant souvent quelque chose à dire (en particulier lorsque cela concerne la littérature ou la philosophie) mais n'ayant plus aucune réponse dès qu'il s'agit de parler d'amour.

 

Pas son genre - Emilie Dequenne, Loïc CorberyPour interpréter ces deux personnages, il fallait trouver une actrice capable d'interpréter la légèreté sans pour autant tomber dans la bêtise ou la niaiserie et un acteur crédible en écrivain intello philosophe parisien mais séduisant et possédant un certain charme. C'est chose faite et on note un très bon choix de casting puisqu'on retrouve au générique Emilie Dequenne qui nous surprend dans le rôle de Jennifer, et on (re)découvre avec plaisir Loïc Corbery, issu de la Comédie Française, dans celui de Clément. Les deux acteurs forment un duo irrésistibles, nous redonnent le sourire et nous donnent envie de croire à leur histoire jusqu'au bout.

 

Par Hélène Amouzou

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 18:14

LES BRUITS DE RECIFE
Thriller bresilien de Kleber Mendonça Filho avec Irandhir Santos, Gustavo Jahn, Maeve Jinkings... (2012 - vostf - 2h15)
La vie dans un quartier de classe moyenne de la zone sud de Recife est perturbée par l’arrivée d’une société de sécurité privée. La présence de ces hommes est source de tranquillité pour certains et de tension pour d’autres, dans une communauté qui semble avoir beaucoup à craindre...

Les vies entrecroisées des habitants d’un immeuble au Brésil. Un beau premier film.

Enfin un film qui redonne un sens au terme “mise en scène”. Sur le papier, il appartient au faux genre du “film choral”, mais dans la réalité c’est bien plus, car les différents personnages de cette geste sur un quartier résidentiel de Recife, au Brésil, sont tous reliés par la topographie, plus précisément par l’immeuble où ils vivent ou travaillent, qui est le cœur du récit. Dissection verticale des mœurs et des humeurs qui s’accompagne d’un regard à l’horizontale sur la rue où est sis cet immeuble, dont on ne s’éloigne guère.

Aussi doué pour les formules que maître de son dispositif prenant et dynamique, le cinéaste définit son œuvre comme “un soap-opera filmé par John Carpenter”. Formule excellente dans la mesure où le cinéaste narre effectivement les petits hiatus et dissensions au sein de la micro-communauté en y ajoutant un sentiment de danger qui rôde.

Il est concrétisé par les sons, qui sont effectivement l’une des forces du film (exemple : l’aboiement d’un chien comme phénomène récurrent), mais aussi par une insécurité diffuse, parfois illustrée dans des rêves dérangeants (superbe cauchemar où une troupe d’enfants des rues envahit l’immeuble).Cette insécurité se concrétise dans la rue, où des vols sont commis par un fils à papa de l’endroit, et où s’installe une équipe de vigiles un peu louches.

Par ailleurs, il y a un certain mystère, du hors-champ, des non-dits, des haines, des convoitises… Ils abondent dans ce microcosme regroupant tout l’éventail de la société brésilienne, de l’enfant rôdeur qui pénètre dans l’immeuble la nuit au riche et intraitable propriétaire dont les petits-fils vivent sur place, en passant par toute une galerie de domestiques, gardiens, livreurs et vigiles.

Mais la beauté du film est encore ailleurs, elle est peut-être plus abstraite. Elle réside dans son sens de l’interlude et du contrechamp. Très souvent, le cinéaste montre deux faces d’une même séquence. Par exemple, pendant que des locataires potentiels visitent un appartement, on voit également un enfant à l’extérieur qui envoie son ballon dans la cour et réclame qu’on le lui rende. Parfois aussi, on découvre la conséquence d’une action à retardement (comme le chien aboyeur endormi par des somnifères).

Ce film n’est pas un simple collage, une juxtaposition de moments ; c’est une véritable tapisserie, où tout est relié par des fils narratifs complexes. Pour une fois, on peut conseiller la bande-annonce du film, formidablement rythmée par le montage et la musique, qui condense génialement cette chronique lyrique du quotidien.

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 08:56

Her

HerHER
Film d'anticipation Spike Jonze avec Joaquin Phoenix... (2014 -vostf - 2h06)
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore, inconsolable suite à une rupture difficile, fait l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne. En lançant le système, il fait la connaissance de «Samantha», une voix féminine intelligente, intuitive et drôle. Ils tombent amoureux…

Her : la love story artificielle de Spike Jonze

Arrive enfin la surprenante et oscarisée love story de Spike Jonze. Avec Her, le réalisateur sert un film futuriste mais pas si éloigné de notre réalité...

 

Her - Joaquin PhoenixTheodore sort d'une rupture difficile et, alors qu'il peine encore à signer les papiers du divorce, il fait la rencontre de Samantha: une intelligence artificielle. D'amie, l'ordinateur va passer à confidente pour finalement devenir... son amante. C'est une relation bien singulière que vit alors Théodore et aux vues d'un tel résumé on s'attend à une histoire d'amour tirée par les cheveux. Pourtant, l'idylle va plus loin que tout cela. Si leur relation étonne, elle est banalisée au fur et à mesure que le fil conducteur de Her évolue.

 

Her - Joaquin PhoenixL'histoire de Her, en vérité, n'est ni redondante ni invraisemblable car Spike Jonze, autant réalisateur que scénariste sur ce projet, a su trouver un juste milieu dans l'évolution de la relation amoureuse. La transition entre chaque étape de leur relation n'est pas brutale et semble, au contraire, se faire tout à fait naturellement. On se surprend attendris par cette improbable relation dont la sensualité est déconcertante. Car Theodore a beau s'éprendre d'une femme qui ne possède pas de corps, il n'empêche que la mise en scène de Spike Jonze laisse le spectateur intelligemment déstabilisé par la sensualité de leur relation. La voix de Scarlett Johansson, perceptible entre toutes, y est évidemment pour beaucoup mais les plans présentant Joaquin Phoenix seul mais dans une complicité aussi artificielle qu'attachante ne laissent également pas indifférents. La prestance de cet improbable duo touche tant il semble sincère et, bien que Samantha ne puisse être physiquement présente, certains plans laissent l'imagination du spectateur la percevoir aux côtés de Theodore.

 

Her - Joaquin PhoenixMise à part cette love story paradoxalement réaliste, Her est aussi un film qui pose les questions de ce phénomène des relations 2.0 d'aujourd'hui. Peut-on vraiment tomber amoureux à travers un écran, l'impossibilité du toucher nous est-il si secondaire ? On a affaire alors à une réflexion sur l'idéalisation et l'utopie des relations de nos jours. Le film nous semble ainsi sortir de l'ordinaire mais est si proche de chacun de nous qu'on se sent incroyablement concernés par cette idylle. Entre espoir et désespoir, le couple détaille les étapes d'une relation lambda du début jusqu'à sa fin, sans oublier ces moments de tendresse comme de désaccords. Mais cette fabuleuse harmonie, il faut dire qu'on la doit au duo impeccable que forme Joaquin Phoenix et Scarlett Johanson. Si cette dernière est physiquement invisible tout le long du film, elle reste pourtant très touchante. A notre plus grand plaisir, elle va donc de paire avec son partenaire de jeu, Joaquin Phoenix, dont les plans rapprochés sur lui subliment l'épanouissement du personnage au fur et à mesure que ses conversations avec son intelligence artificielle évoluent. Il en est de même les personnages secondaires, voire même les figurants car si le synopsis du film veut se concentrer sur les deux amoureux, le scénario, lui, va plus loin en banalisant ce phénomène de relation privilégiée avec une intelligence artificielle. C'est finalement toute une société qui est prise au dépourvu de la venue de tels individus. Au fur et à mesure, cette rencontre insolite devient donc finalement universelle.

 

Un film futuriste incroyablement réaliste et à double lecture, voire plus. A chacun son interprétation concernant cette histoire d'amour aussi inattendue qu'incroyablement attachante. Dans tout les cas, c'est une love story qui ne laisse pas de marbre, c'est certain.

 

Par Mélanie Bonvard

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 11:21
[critique] The Grand Budapest Hotel
THE GRAND BUDAPEST HOTEL
Divertissement de Wes Anderson avec F. Murray Abraham, Mathieu Amalric, Willem Dafoe, Ralph Fiennes, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Edward Norton, Jude Law, Bill Murray, Adrien Brody, Owen Wilson. (2013 - vostf - 1h40)
Pendant l'entre-deux guerres, le légendaire concierge d'un grand hôtel et son jeune protégé se retrouvent impliqués dans des histoires rocambolesques, dans le lent puis soudain bouleversement qui transforme l'Europe...
Wes Anderson prend ses quartiers dans le royaume imaginaire du «Grand Budapest Hotel», une vieille ruine enchanteresse que le cinéaste américain va animer de ses doigts de fée pour un tourbillon romanesque...
La magie Anderson

Wes Anderson est un réalisateur avec une réelle vision artistique, un univers singulier à lui. Comme Tim Burton à l'époque où il était bon. Si on adhère à cette poésie un peu loufoque, The Grand Budapest Hotel ne déçoit pas. Après une aventure enfantine avec Moonrise Kingdom, le réalisateur nous propose une histoire un peu plus sombre sous fond de guerre.

À travers Gustave H. on découvre un monde qui change, un monde qui devient plus noir où des valeurs essentielles sont oubliées. Ce personnage est haut en couleur : raffiné à tel point qu'on le pense efféminé, il est aussi capable de se montrer très viril. Il a un penchant pour les femmes âgées et pour la poésie. Ralph Fiennes est formidable dans ce rôle. C'est la première fois qu'il tourne avec Wes Anderson mais il rentre parfaitement dans son univers.

La magie Anderson repose aussi sur la bande originale, qui est ici enchanteresse, et les décors. On se retrouve dans un pays européen fictif : Zubrowka. Entre décors qui rappellent le théâtre et techniques d'animations comme le stop-motion en passant par des maisons somptueuses, le film est un melting pot savoureux de genres.

 

[critique] The Grand Budapest Hotel
Une flopée de talents

Comme toujours chez Anderson, il y a beaucoup de personnages, tous très originaux, qui renforcent la singularité du monde fictif imaginé par le réalisateur. Et il s'entoure d'acteurs devenus amis (Bill MurrayEdward Norton, Jason Schwartzman) mais aussi de Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldblum ou Harvey Keitel. Bref du lourd. Malheureusement, on ne les voit pas tous autant qu'on le souhaiterait, mais on pardonne volontiers au réalisateur, puisque c'est assez compliqué de donner autant de temps de parole à chacun sans faire un film de 5h. 

Parmi les personnages géniaux on citera Jopling (Dafoe) avec son look metalo-gothico-militaire et le charisme légendaire de l'acteur pour faire des méchants, Agatha (Saoirse Ronan) douce jeune fille courageuse avec un talent pour la pâtisserie et évidemment Zero (Tony Revolori) l'assistant et apprenti de Gustave H. fidèle et intrépide. 

[critique] The Grand Budapest Hotel
Conclusion

Avec The Grand Budapest HotelWes Anderson réussit une fois de plus à nous transporter dans son univers singulier. Quand on sort de la salle, il faut un temps pour revenir à la réalité tellement le voyage fut intense. À la fois drôle avec de l'aventure et des rebondissements, sombre et mélancolique à cause de cette description d'un monde qui change, parfois trash et toujours très poétique, le réalisateur montre encore sa vision complexe et unique du monde, où tout n'est pas noir ou blanc.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 09:38

  Pour consulter et imprimer le programme des Amis du Cinéma cliquez sur cette ligne ! 


IdaIDA
Fim polonais de Pawel Pawlikowski avec Agata Kulesza, Agata Trzebuchowska, Joanna Kulig...(vostf - 2013 - 1h20)
Pologne, 1962. Avant de prononcer ses vœux, une jeune orpheline quitte le couvent où elle a été élevée pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à ses parents durant l’occupation nazie.
Un parcours initiatique religieux et identitaire singulier mais émouvant.Ida, n’est pas qu’un film historique, c’est un très beau portrait féminin sur les paradoxes qu’une vie peut contenir, autant ancrée dans la foi que sensuelle.
LUNDI 14 AVRIL à 18h et 20h45


Connaisance du Monde : LONDRES
Film et récit sur scéne de Vincent Halleux.
Londres, ville classée parmi les plus dynamiques et influentes du monde.
JEUDI 17 AVRIL à 14h30 et 18h

The Grand Budapest HotelTHE GRAND BUDAPEST HOTEL
Divertissement de Wes Anderson avec F. Murray Abraham, Mathieu Amalric, Willem Dafoe, Ralph Fiennes, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Edward Norton, Jude Law, Bill Murray, Adrien Brody... (2013 - vostf - 1h40)
Pendant l'entre-deux guerres, le concierge d'un grand hôtel et son jeune protégé se retrouvent impliqués dans des histoires rocambolesques...
Quelle légèreté dans le propos, quelle énergie, quelle drôlerie dans les personnages, l’intrigue et les sous-intrigues, constamment relancées. Wes Anderson atteint sans doute ici le parachèvement de son œuvre, avec une élégance tout en verve et un rare sens du récit. Objet filmique non identifié, ce film vaut le détour : dépaysement garanti ! 
LUNDI 21 AVRIL à 18h (prix réduit 5e) et 21h

HerHER
Film d'anticipation Spike Jonze avec Joaquin Phoenix... (2014 -vostf - 2h06)
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore, inconsolable suite à une rupture difficile, fait l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne. En lançant le système, il fait la connaissance de «Samantha», une voix féminine intelligente, intuitive et drôle. Ils tombent amoureux…
Avec HER, surprenante et oscarisée love story de Spike Jonze, le réalisateur sert un film futuriste mais pas si éloigné de notre réalité...
LUNDI 28 AVRIL à 18h (prix réduit 5e) et 21h

Les Bruits de RecifeLES BRUITS DE RECIFE
Thriller bresilien de Kleber Mendonça Filho avec Irandhir Santos, Gustavo Jahn, Maeve Jinkings... (2012 - vostf - 2h15)
La vie dans un quartier de classe moyenne de la zone sud de Recife est perturbée par l’arrivée d’une société de sécurité privée. La présence de ces hommes est source de tranquillité pour certains et de tension pour d’autres, dans une communauté qui semble avoir beaucoup à craindre...
Entre réalisme mordant, humour et onirisme, comédie et thriller, une chronique brésilienne et une réflexion sur l’histoire, la violence et le bruit.
LUNDI 5 MAI à 18h et 21h

NebraskaNEBRASKA
Film américain de Alexander Payne avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb. Prix d’interprétation à Cannes.  (2013 - vostf - 1h50)
Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit.
Épaulé par son fils, le vieil homme retrace les souvenirs de son enfance.
Drôle, émouvant, entêtant et profondément humain, Alexander Payne livre ici son meilleur film. Un road movie touchant sur le rapport filial...
LUNDI 12 MAI à 18h et 21h

Grace de MonacoGRACE DE MONACO
Biopic français d'Olivier Dahan avec Nicole Kidman, Tim Roth, Paz Vega... (2013 - vostf et vf - 1h40) Film d’ouverture du Festival de Cannes 2014.
Le film évoque un moment de la vie de l’actrice américaine Grace Kelly devenue Grace de Monaco lorsqu’elle épousa le Prince Rainier III en 1956, ce qui fut qualifié de mariage du siècle…
Le film Grace de Monaco n’en finit pas de susciter la polémique dans la principauté monégasque. Alors que le Rocher avait déjà émis des réserves concernant le biopic d’Olivier Dahan, la situation s’envenime de nouveau autour de ce film événement qui fera l’ouverture du Festival de Cannes.
A PARTIR DU MERCREDI 14 MAI

RealREAL
Film de science-fiction, romantique de Kiyoshi Kurosawa avec Takeru Sato, Haruka Ayase, Odagiri Joe... (2012 - vostf - 2h07)
Atsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l'inconscient de sa compagne. Mais le système l'envoie-t-il vraiment là où il croit ?
Kiyoshi Kurosawa nous invite à un voyage virtuose au plus profond de l’inconscient, où rêve et réalité, poésie et science-fiction se confondent.
LUNDI 19 MAI à 18h et 21h

D'une vie à l'autreD’UNE VIE A L’AUTRE
Film allemand de Georg Mass avec J. Köhler, Liv Ullmann. (2014 - vostf- 1h37)
Europe 1990, le mur de Berlin est tombé.
Katrine a grandi en Allemagne de l’Est, et vit en Norvège depuis 20 ans. Elle est le fruit d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale. A sa naissance, elle a été placée dans un orphelinat réservé aux enfants aryens. Elle parvient à s’échapper de la RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère. Mais, quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom de ces «enfants de la honte», curieusement, elle refuse. Progressivement de lourds secrets refont surface…
LUNDI 26 MAI à 18h et 21h

My Sweet PepperlandMY SWEET PEPPER LAND
Film allemand, irakien de Hiner Saleem avec Arslan Korkmaz, Golshifteh Farahani, Suat Usta... (2013 - vost - 1h40)
Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépen dance kurde devra lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il sera aidé par Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise.
Une conquête de l’Ouest burlesque transposée au Kurdistan.
LUNDI 2 JUIN à 18h et 21h

States of GraceSTATES OF GRACE
Film américain de Destin Cretton avec Brie Larson, John Gallagher Jr, Stephanie Beatriz... (2013 - vostf - 1h36)
Sensible et déterminée, Grace est à la tête d'un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.
Un film touchant, miraculeux et fragile comme un moineau tombé du nid.
LUNDI 9 JUIN à 18h et 21h

Dancing in JaffaDANCING IN JAFFA
Documentaire américain et israélien de Hilla Medalia. (2013 - vostf - 1h24)
Né à Jaffa en 1944, Pierre Dulaine quitte son pays avec sa famille en 1948 pour s’installer à l'étranger. Après une carrière internationale accomplie de danse en couple, Pierre retourne à Jaffa pour réaliser son rêve : faire danser ensemble des enfants juifs et palestiniens.
Un témoignage touvhant, drôle et joyeux montrant comment la culture peut faire exploser les barrières plus fortement que les discours.
LUNDI 16 JUIN à 18h et 21h

Des spectateurs s'installent dans une salle de cinémaAssemblée Générale des AMIS DU CINEMA
Le Jeudi 19 Juin à 20h, les adhérents des Amis du Cinéma sont invités à l’Assemblée Générale de leur association. Au programme : bilan, prévisions, élections, questions diverses, pot de l’amitié et projection d’un film surprise !
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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 08:19

Ida

IdaIDA
Film polonais de Pawel Pawlikowski avec Agata Kulesza, Agata Trzebuchowska, Joanna Kulig...(vostf - 2013 - 1h20)
Pologne, 1962. Avant de prononcer ses vœux, une jeune orpheline quitte le couvent où elle a été élevée pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à ses parents durant l’occupation nazie.
Ida, ou une jeune fille à la recherche de ses improbables racines, est un périple bouleversant, entre road trip religieux et reconstruction identitaire.

Ida : un superbe parcours initiatique  

 Ida ou une jeune fille à la recherche de ses improbables racines, est un périple bouleversant, entre road trip religieux et reconstruction identitaire.

 

IdaAnna, jeune orpheline, s’apprête à prononcer ses vœux en tant que bonne sœur. Avant le grand saut, elle va partir à la rencontre de sa tante, inconnue pour elle, qui va lui révéler des secrets de famille lourd à porter. L’éducation reçue fait l’identité de l’individu, c’est ce que le film fait comprendre. Avec ses chassés-croisés religieux, parfois même laïque, Ida fait rencontrer deux femmes dont le sang unie mais dont les cultures divergent. Pourtant, Anna et sa tante ne sont pas si différentes au fond. Chacune, à leurs manières, se ressemblent inconsciemment. Si Anna porte un voile comme symbole de sa croyance et de sa chasteté, sa tante, elle, en porte un pour être plus coquette. Et bien que cette dernière montre un profond désir de plaire aux hommes, Anna tente de défendre corps et âme son amour pour le Christ. Entre ressemblance et paradoxe, il n’y aurait donc qu’un pas dans ce film si fabuleux. Le duo est impromptu, bourré de divergence mais orné d’une douceur infinie.

 

IdaIda, avant d’assembler deux femmes de la même famille mais à deux mondes opposés, c’est aussi un film à la croisée des religions. Car comme le dirait le personnage de la tante avec cette franchise si tranchante et intelligente : Anna est une « nonne juive ». Un paradoxe hors du commun qui se caractérise beaucoup plus par un métissage surprenant, voire déroutant, mais pourtant si subtile finalement. Ce portrait dressé à propos de cette jeune fille élevée dans un couvent mais née d’une famille juive, c’est l’incarnation d’un véritable cri pour la tolérance et la recherche de soi, le tout bercé par un road-trip initiatique, poétique et tragique à la fois. Anna voit son destin sensé être tout tracé remis en question par des racines qui lui font découvrir une identité d’elle qu’elle ne connaissait pas du tout au bout du compte. Alors qui être et à quoi ressembler ? Sur quel modèle d’éducation s’appuyer ? C’est ce que tout le long du film Anna se demande inlassablement dans son silence qui en dit tant.

 

IdaUne quête inépuisable où Anna s’essaiera à une ouverture d’esprit sans vulgarité aucune. Sublimé sans retenu par la photographie du film, le personnage principal, si complexe, ne cesse d’éblouir son spectateur. Pawel Pawlikowski excelle à la réalisation et sert un film dont la photographie est époustouflante. Aucun plan n’est laissé au hasard et chaque scène est cadrée au millimètre près. Une maitrise impressionnante qui fait du réalisateur un artiste à part entière, c’est certain. La mise en scène est si réfléchie qu’elle va merveilleusement de pair avec ces protagonistes attachants. L’utilisation du noir et blanc et du format 4/3 est, à notre plus grand bonheur, justifiée. Chose devenue trop rare à notre époque où le noir et blanc est trop souvent employé comme un vulgaire effet de style. Heureusement, Pawlikowski n’est pas tombé dans le piège et prouve une virtuosité incroyable pour la mise en scène, envoutant un spectateur forcément charmé par ce film extrêmement photographique.

 

Un long métrage remarquable retraçant un parcours initiatique religieux et identitaire singulier mais émouvant. Ida, ce n’est pas qu’un film historique, c’est un très beau portrait féminin sur les paradoxes qu’une vie peut contenir, autant ancrée dans la foi que sensuelle.

 

Par Mélanie Bonvard

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:40

Viva la libertàVIVA LA LIBERTA
Film italien de Roberto Ando avec Toni Servillo... (2013 - vostf - 1h34)
Alors que l'Italie s'enfonce dans la crise, l’opposition baisse dans les sondages. Enrico Oliveri, le leader déprimé du principal parti de gauche, violemment critiqué, fuit à Paris où il retrouve Danielle, son amour de jeunesse. A Rome, son départ précipité créé un énorme vide. Anna, sa femme, suggère une solution au fidèle Andrea Bottini, le conseiller d'Enrico, qui a couvert la disparition de son patron en prétextant une petite intervention chirurgicale. Giovanni, le frère jumeau du fugueur, lui ressemble trait pour trait. Evidemment, ce philosophe brillant vient tout juste de sortir d'une longue hospitalisation pour troubles de la personnalité. Mais la partie vaut d'être jouée...

On aime beaucoup

On aime Toni Servillo. Et deux fois plus, forcément, quand il joue un double rôle ! Après avoir incarné Giulio Andreotti dans Il Divo, de Paolo Sorrentino, le revoilà sous les traits d'un homme politique qui en a marre... A l'aube des élections, Enrico Oliveri, secrétaire général du parti d'opposition (de gauche !), est en chute libre dans les sondages et se sent lâché par son propre parti. Sans crier gare, il fugue et se réfugie à Paris chez un ancien amour (Valeria Bruni Tedeschi) qui travaille dans le cinéma. Pendant qu'il flâne et renoue avec sa cinéphilie, son assistant ne trouve qu'une solution pour masquer son abandon : le remplacer par son frère jumeau, philosophe excentrique, sorti depuis peu de l'hôpital psychiatrique. Très vite, ­celui-ci redonne confiance aux Italiens en citant Brecht dans ses discours...

En adaptant son propre roman, Roberto Andò prouve l'éternel talent de l'Italie à filmer des farces politiques. Sous la légèreté et la vraie tendresse qu'il éprouve pour ses personnages, il nous rappelle qu'entre la beauté de la politique et celle de la fiction il n'y a qu'un pas : les politiciens doivent être de grands « artistes » pour donner au peuple l'illusion d'un projet commun. Pour autant, le film ne sombre jamais dans la démagogie : le jumeau n'est pas un clown à la Beppe Grillo. Mais un idéaliste plein de cette fougue que son frère, lui, a perdue, au point d'hésiter entre le pouvoir et la fuite (comme le pontife fugueur du Habemus papam de Moretti). En mélancolique réservé ou en dingue éclairé, Toni Servillo est grandiose. Le cinéma italien tiendra tant qu'il aura de tels acteurs.

 

Guillemette Odicino pour Télérama

En savoir plus sur http://www.telerama.fr/cinema/films/viva-la-liberta,488280.php#TOS2IW53c7DGrhP0.99

Alors que l'Italie s'enfonce dans la crise, l’opposition baisse dans les sondages. Enrico Oliveri, le leader déprimé du principal parti de gauche, violemment critiqué, fuit à Paris où il retrouve Danielle, son amour de jeunesse. A Rome, son départ précipité créé un énorme vide. Anna, sa femme, suggère une solution au fidèle Andrea Bottini, le conseiller d'Enrico, qui a couvert la disparition de son patron en prétextant une petite intervention chirurgicale. Giovanni, le frère jumeau du fugueur, lui ressemble trait pour trait. Evidemment, ce philosophe brillant vient tout juste de sortir d'une longue hospitalisation pour troubles de la personnalité. Mais la partie vaut d'être jouée...

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 05/02/2014

On aime beaucoup

On aime Toni Servillo. Et deux fois plus, forcément, quand il joue un double rôle ! Après avoir incarné Giulio Andreotti dans Il Divo, de Paolo Sorrentino, le revoilà sous les traits d'un homme politique qui en a marre... A l'aube des élections, Enrico Oliveri, secrétaire général du parti d'opposition (de gauche !), est en chute libre dans les sondages et se sent lâché par son propre parti. Sans crier gare, il fugue et se réfugie à Paris chez un ancien amour (Valeria Bruni Tedeschi) qui travaille dans le cinéma. Pendant qu'il flâne et renoue avec sa cinéphilie, son assistant ne trouve qu'une solution pour masquer son abandon : le remplacer par son frère jumeau, philosophe excentrique, sorti depuis peu de l'hôpital psychiatrique. Très vite, ­celui-ci redonne confiance aux Italiens en citant Brecht dans ses discours...

En adaptant son propre roman, Roberto Andò prouve l'éternel talent de l'Italie à filmer des farces politiques. Sous la légèreté et la vraie tendresse qu'il éprouve pour ses personnages, il nous rappelle qu'entre la beauté de la politique et celle de la fiction il n'y a qu'un pas : les politiciens doivent être de grands « artistes » pour donner au peuple l'illusion d'un projet commun. Pour autant, le film ne sombre jamais dans la démagogie : le jumeau n'est pas un clown à la Beppe Grillo. Mais un idéaliste plein de cette fougue que son frère, lui, a perdue, au point d'hésiter entre le pouvoir et la fuite (comme le pontife fugueur du Habemus papam de Moretti). En mélancolique réservé ou en dingue éclairé, Toni Servillo est grandiose. Le cinéma italien tiendra tant qu'il aura de tels acteurs. — Guillemette Odicino




En savoir plus sur http://www.telerama.fr/cinema/films/viva-la-liberta,488280.php#D1QiqvsOyZMplbQ4.99

Alors que l'Italie s'enfonce dans la crise, l’opposition baisse dans les sondages. Enrico Oliveri, le leader déprimé du principal parti de gauche, violemment critiqué, fuit à Paris où il retrouve Danielle, son amour de jeunesse. A Rome, son départ précipité créé un énorme vide. Anna, sa femme, suggère une solution au fidèle Andrea Bottini, le conseiller d'Enrico, qui a couvert la disparition de son patron en prétextant une petite intervention chirurgicale. Giovanni, le frère jumeau du fugueur, lui ressemble trait pour trait. Evidemment, ce philosophe brillant vient tout juste de sortir d'une longue hospitalisation pour troubles de la personnalité. Mais la partie vaut d'être jouée...

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 05/02/2014

On aime beaucoup

On aime Toni Servillo. Et deux fois plus, forcément, quand il joue un double rôle ! Après avoir incarné Giulio Andreotti dans Il Divo, de Paolo Sorrentino, le revoilà sous les traits d'un homme politique qui en a marre... A l'aube des élections, Enrico Oliveri, secrétaire général du parti d'opposition (de gauche !), est en chute libre dans les sondages et se sent lâché par son propre parti. Sans crier gare, il fugue et se réfugie à Paris chez un ancien amour (Valeria Bruni Tedeschi) qui travaille dans le cinéma. Pendant qu'il flâne et renoue avec sa cinéphilie, son assistant ne trouve qu'une solution pour masquer son abandon : le remplacer par son frère jumeau, philosophe excentrique, sorti depuis peu de l'hôpital psychiatrique. Très vite, ­celui-ci redonne confiance aux Italiens en citant Brecht dans ses discours...

En adaptant son propre roman, Roberto Andò prouve l'éternel talent de l'Italie à filmer des farces politiques. Sous la légèreté et la vraie tendresse qu'il éprouve pour ses personnages, il nous rappelle qu'entre la beauté de la politique et celle de la fiction il n'y a qu'un pas : les politiciens doivent être de grands « artistes » pour donner au peuple l'illusion d'un projet commun. Pour autant, le film ne sombre jamais dans la démagogie : le jumeau n'est pas un clown à la Beppe Grillo. Mais un idéaliste plein de cette fougue que son frère, lui, a perdue, au point d'hésiter entre le pouvoir et la fuite (comme le pontife fugueur du Habemus papam de Moretti). En mélancolique réservé ou en dingue éclairé, Toni Servillo est grandiose. Le cinéma italien tiendra tant qu'il aura de tels acteurs. — Guillemette Odicino




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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 08:43

GloriaGLORIA
Fim chilien de Sebastián Lelio avec Paulina García... (2013 - vostf - 1h50)
A 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l'espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre de sa vie.

Gloria embrasse la vie 

Un film de Sebastian Lelio qui met à l’honneur l’actrice Paulina Garcia dans le rôle principal de Gloria. Un réalisateur accaparent qui étouffe et emprisonne le champ de vision du spectateur et le réduit totalement au personnage de Gloria.

 

GloriaPaulina Garcia, une actrice très populaire au Chili joue le rôle principal de Gloria. Un prénom trouvé tardivement tout comme le titre du film. Face à une société actuelle qui a du mal à mettre en avant la réalité, c’est à dire une société de plus en plus âgée. Cette réalisation est un hommage aux femmes qui ont la cinquantaine, une sorte de contradiction affirmée de ce que nous voyons de nos jours sur nos écrans – les corps nus de belles jeunes filles. Gloria embrasse la vie, elle est libre, elle chante, danse et va au-delà de ses peurs, mais surtout elle a cette intelligence de construire sa vie comme elle l’entend avec les personnes qu’elle a choisies, que ce soit dans son entourage ou dans sa vie sentimentale.

 

GloriaGloria est propulsée au centre de toute l’attention avec une caméra qui ne la quitte jamais. Ce personnage atypique est remplie de folie. Le spectateur devient non plus un simple témoin de la vie de Gloria, mais un voyeur, rien ne lui échappe, même en ce qui concerne l’aspect sexuel de sa vie ou tout simplement la nudité du personnage. La démarche étant pour le réalisateur, d’effacer toute distance avec ce qu’il filme, en conséquence aucun moment ne lui échappe.

 

GloriaUne description évidente pour le réalisateur sur la manière dont on vit actuellement au Chili et en particulier à Santiago. Un film totalement chilien qui aborde des thèmes comme le fait de vivre dans un pays qui n’a pas de passé à raconter aux futures générations, il ne faut pas oublier que le pays n’est plus sous une dictature depuis peu de temps. Viennent se greffer à cette histoire les thèmes sur la question de la vie, du bonheur au quotidien. On constate ainsi que le Chili d’aujourd’hui est doté d’un peuple moderne, qui a encore beaucoup d’attentes avec la mouvance de la modernisation portée par la jeune génération. Un pays où il existe une vraie culture de la politique puisque - pour information - c’est le premier pays occidental à avoir mis au pouvoir des socialistes ainsi que le président Salvador Allende, de manière démocratique et sans révolution.

 

Par Pauline Hodbert

 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 08:44

Les Grandes Ondes (à l'ouest)LES GRANDES ONDES (à l’ouest)
Comédie suisse de Lionel Baier avec Michel Vuillermoz, Valérie Donzelli. (2013 - 1h30)
En avril 1974, deux journalistes travaillant pour la radio suisse sont en reportage au Portugal quand éclate la Révolution des oeillets...
Insolent comme une comédie italienne des 60-70, ce road-movie atypique revendique sa part de légèreté pour brosser un exubérant portrait de groupe et célébrer la démocratie. Le conflit entre un Michel Vuillermoz à la mémoire défectueuse et une Valérie Donzelli féministe offre un vent de folie à cette plongée colorée dans l’histoire récente de l’Europe.

Les Grandes ondes : une comédie audacieuse

Un film de Lionel Baier qui naît de son expérience personnelle. Un réalisation qui ne manque pas d'audace et d'humour...

 

Les Grandes Ondes (à l'ouest) - Michel Vuillermoz, Valérie Donzelli, Patrick LappL'origine du film est liée à la vie de Lionel Baier. Tiré tout droit de ses souvenirs de 2009. C'est lors d'une invitation par la radio Suisse qu'il participe à une série d'émissions commémorant les vingt ans de la chute du mur de Berlin. Le réalisateur se retrouve en République Tchèque avec deux autres journalistes et un technicien en province. Inévitablement viennent se greffer au scenario d'autres éléments de la réalité telle que la Révolution des Œillets et sa couverture médiatique en Suisse, mais aussi des éléments inventés afin d'apporter un peu d'humour lorsque le sujet devient trop sérieux. Une proximité avec les année 60,70 avec un sentiment de liberté et d'espoir très marqué.

 

Les Grandes Ondes (à l'ouest) - Valérie Donzelli, Patrick Lapp, Francisco BelardLes acteurs ont été choisis avec soin, Valerie Donzelli joue le rôle de Julie, fervente féministe, Michel Vuillermoz en Cauvin le reporter, Patrick Lapp en Bob le technicien, Fransisco Belard en Pele le jeune rédacteur... Une musique signée Georges Gershwin a inspiré très fortement Lionel Baier dans sa réalisation car elle a permis de donner le ton de la comédie avec un rythme entrainant. Le titre du film fait référence à une tétralogie autour des quatre points cardinaux en Europe de manière à tracer une sorte de cartographie des Européens entre eux. Ainsi on se demande ce qui peut nous unir les uns aux autres au-delà des institutions.

 

Par Pauline Hodbert

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