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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 07:22

When you're strange 
WHEN WE'RE STRANGE

Documentaire américain de Tom Dicillo avec Johnny Depp. (vostf - 2010 - 1h25)

"No one remembers your name"
Premier long métrage documentaire qui raconte l'histoire des Doors, l'alchimie créatrice de quatre brillants artistes qui ont constitué l'un des groupes rock les plus emblématiques et les plus influents d'Amérique. Des images historiques inédites du quatuor, un nouveau regard sur l'impact révolutionnaire de leur musique et sur l'héritage laissé. Des séquences jamais diffusées offrent un aperçu intime de leur collaboration musicale et de leur vie en coulisses.

 

La critique [evene] par Pierre Ancery
Les Doors auraient-ils connu le même succès s'ils étaient nés quelques années plus tôt ? En replaçant la carrière du sulfureux groupe de rock (1965-1971) dans son environnement politique et culturel, le documentaire de Tom DiCillo répond par la négative. Et affirme que si Jim Morrison et ses trois acolytes ont incarné mieux que quiconque le souffle contestataire des années 1960, c'est parce que leur musique et la personnalité fantasque de leur leader correspondaient exactement à l'air du temps.

Un brin didactique, le film retrace donc leur ascension en mêlant images d'archives des musiciens (en concert, en répétition, en interview…) et documents illustrant les bouleversements de la société américaine de l'époque (guerre du Vietnam, mouvement pour les droits civiques). Le résultat, conventionnel mais efficace, est rythmé par une bande-son d'enfer composée uniquement des chansons du groupe ('The End', 'Light my Fire'…) et bénéficie de la narration de Johnny Depp en personne.

Les fans des Doors regretteront sans doute qu'aucune image véritablement inédite ne vienne égayer le documentaire. Mais ils conviendront que l'intérêt de 'When You're Strange' réside surtout dans le portrait qu'il dresse du chanteur Jim Morrison. Oliver Stone, dans son biopic de 1991, avait fait de lui une sorte de surhomme mystique imperméable au monde environnant. Plus fin, Tom DiCillo débarrasse le personnage de sa légende et dévoile un être fragile et paradoxalement peu sûr de lui, dont les excès révèlent avant tout l'incapacité à supporter le succès. Ici, Jim Morrison apparaît finalement plus proche du Kurt Cobain paumé de 'Last Days' ou du Ian Curtis angoissé de 'Control' que de son propre cliché : celui d'une rock star égocentrique et sauvage.

Sa mort par overdose en 1971, retranscrite avec une sobriété appréciable, n'en apparaît que plus tragique.

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