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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 14:07

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Par Sandra Mézière, le 10 Mai 2010 Voir son blog

 

Mercredi, Kristin Scott Thomas présentera la cérémonie d’ouverture du 63ème Festival de Cannes, prémisses de 11 jours de projections et festivités cannoises mais déjà Cannes tissera sa toile arachnéenne nous emportant dans son irréalité. Déjà réalité et fiction s’entrelaceront et s’enlaceront comme dans une almodovarienne étreinte brisée.

Ce sera mon dixième Festival de Cannes depuis que le concours du prix de la jeunesse m’avait permis de fouler pour la première fois les célèbres marches et depuis pas une année n’a dérogé à la règle. J’éprouve pourtant plus que jamais une curiosité inextinguible pour le cinéma et la vie qui s’y entremêlent, s’y défient et entrechoquent bien que (ou parce que) connaissant cette atmosphère étrange où on  adore comme on abhorre. Cannes si versatile et éclectique. Cannes prompt à magnifier ou détruire. A déifier ou piétiner. Cannes où des rêves achoppent, où des illusions se brisent, où des projets s’esquissent, où des carrières s’envolent, où des films vous éblouissent,  où des cinéastes émergent, se révèlent au monde, nous révèlent un monde. Le leur. Le nôtre. Cannes et sa palme. D’or et de bruit et de lumières. Tonitruante, retentissante, scintillante. Cannes aux intentions pacifistes, aux débats presque belliqueux. Cannes paradoxale.  Multiple et unique. Lumineuse et violente, aussi, parfois !

Cette année c’est le cinéaste Tim Burton qui aura la rude et passionnante tâche de présider le jury, et espérons-le de donner à cette 63ème édition la couleur de son inénarrable fantaisie. Il sera entouré de  Kate Beckinsale, Giovanna Mezzogiorno,  Alberto Barbera, Emmanuel Carrère, Benicio Del Toro, Victor Erice, Shekhar Kapur, Alexandre Desplat.  

Un festival certes cinématographique mais qui, cette année, plus que jamais revendique sa portée politique, Gilles Jacob ayant proposé au réalisateur iranien Jafar Panahi de faire partie du jury, un geste symbolique fort. Jafar Panahi est en effet actuellement emprisonné en Iran pour avoir soutenu ouvertement l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad.

Le jury aura à trancher parmi les 18 films de la compétition parmi lesquels on retrouve des habitués de la Croisette mais aussi d’anciens lauréats :  Rachid Bouchareb (mémorable prix d'interprétation collectif en 2006 pour « Indigènes » qui présente cette année « Hors-la-loi ), le Britannique Mike Leigh (prix de la mise en scène en 1993 pour « Naked » et palme d'or 1996 pour « Secrets et mensonges » auquel je préfère au passage le magistral « All or nothing »), le Russe Nikita Mikhalkov (notamment grand prix du jury en 1994 pour « Soleil trompeur ») ou encore le Français Xavier Beauvois (prix du jury en 1995 avec « N'oublie pas que tu vas mourir »)  qui présente cette année « Des hommes et des dieux », l’un des trois films français en compétition avec ceux de Mathieu Amalric et Bertrand Tavernier.

Pour ma part, j’attendrai surtout les films d’Inarritu, Allen (hors compétition comme toujours), Kiarostami, Tavernier, Doug Liman  et dans les sélections parallèles le documentaire « Stones in exile » qui nous vaudra la présence des Stones mais aussi « Socialisme » pour le grand retour de Jean-Luc Godard à Cannes.

Quel que soit le choix du jury, à n’en pas douter la palme d’or 2010 sera « une fenêtre ouverte sur le monde » et le reflet de ses espoirs, ses blessures, ses craintes, ses désirs, ses désordres, sa folie,  ses rêves.
Je sais déjà que, pendant ces 11 jours aux accents d’éternité, pour paraphraser le titre du livre de mémoires de Gilles Jacob « la vie passera comme un rêve » et que la tornade cannoise, dévastatrice mais moins dangereuse que celle qui s’est abattue ces jours derniers sur la Croisette, me laissera  nostalgique, éblouie,  incrédule, étourdie.

Mercredi, pourtant, quand je monterai les marches puis quand  retentira la musique de Saint-Saëns qui l’accompagne, indissociable de ce festival, réminiscence de tant de souvenirs, ceux de mon enfance à travers l’écran et ceux de cette irréelle réalité, je sais déjà qu’une irrépressible émotion s’emparera de moi, je sais que Cannes m’emportera dans son tourbillon éblouissant et terrifiant, je sais, surtout, après tout, que le cinéma, toujours, finira pas triompher.

Un festival qui s’annonce pour moi plus que jamais surréaliste. Rendez-vous dans douze jours pour vous livrer mon bilan!


Après nous avoir parlé des Césars, Sandra joue les reporters à Cannes pour nous dévoiler les dessous du tapis rouge le plus célèbre du monde du cinéma. 10 ans d'amour avec le festival, où elle se rend chaque année ! Un reportage et une expérience différente de ce que nous montre les médias traditionnels... Un festival vu par une blogueuse ! Tout simplement !

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