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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 07:25

Maps to the starsMAPS TO THE STAR
Film canadien de David Cronenberg avec John Cusack, Julianne Moore (Prix d'interprétation à Cannes, Robert Pattinson, Carrie Fisher... Interdit aux moins de 12 ans. Selection officielle au Festival de Cannes (2013 - vostf - 1h51)
Hollywood, ton univers impitoyable. David Cronenberg s'intéresse aux rêves de gloire et aux névroses de la dynastie Stafford : Un père analyste, une mère qui gère la carrière d'un enfant star de 13 ans tout juste sortie d'une désintox de quatre ans. Une grande fille pyromane récemment libérée d'un sanatorium, qui se lie d'amitié avec un aspirant acteur. Et une cliente du père, actrice elle aussi, hantée par sa mère, star des années 60. Une famille on ne peut plus formidable, en somme.

Maps to the stars : le théâtre de cruauté de David Cronenberg  

 David Cronenberg présente Maps to the stars, son nouveau pamphlet acide et cruel. Cette fois c'est Hollywood qui sert d'arrière plan, mais c'est bien l'histoire du monde qu'il raconte, un monde désabusé et qui court à sa perte, mais devant lequel on rit énormément.

 

Maps to the starsComme on attendait le nouveau film de Mr Cronenberg, qui nous avait délicieusement dérouté avec son Cosmopolis, satyre acide sur l’univers boursier. Univers que l’on ne quitte pas vraiment avec Maps to the stars, qui débute dans une voiture, comme Cosmopolis se clôturait, et qui y voit évoluer aussi les mêmes personnages désespérés, errant sans but, à part celui du bonheur, seule chose qu’ils ne peuvent posséder, dans une même humanité désabusée par l’argent et le pouvoir. Wall street devient Hollywood mais rien n’a changé, les valeurs y sont les mêmes, la morale et la vertu y est toujours absente et les êtres deviennent de simples caricatures d’eux-mêmes, condamnés à la folie et à la mort.

 

Maps to the stars - Mia WasikowskaCette mort qui traverse tout le long-métrage, comme une punition céleste inévitable qui s’abat sur le microcosme hollywoodien, qui se regarde lui-même, produit les mêmes films, emploie les mêmes acteurs, les mêmes réalisateurs, jusqu’à en devenir incestueux. La gloire et sa recherche constante par les personnages, comme un moyen de reconnaissance, n’est que destructrice et ne fait qu’attirer les fantômes du passé sur la colline condamnée elle-même à disparaître. C’est en tout cas le constat du réalisateur qui peint un Hollywood qui ne parvient plus à se renouveler, dans lequel même les enfants, ceux par qui l’espoir de renaissance devrait arriver, tuent et meurent.

 

Maps to the starsLa fin ne peut être que tragique dans cet ensemble dénué de tout espoir, le sang et la violence ne tardent pas à arriver eux aussi, comme seule issue possible à cette fable cruelle que nous conte Cronenberg. Le réalisateur est passé maître dans le domaine, et s’il ne nous étonne pas complètement, il parvient encore à nous séduire par son œil acide et ironique toujours. Avec Maps to stars il regarde une nouvelle fois le monde comme un théâtre de cruauté, dans lequel l’accès au bonheur est impossible, mais où le rire, est définitivement inévitable.

 

Par Camille Esnault

 

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