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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 06:14

L'Illusionniste 

L'ILLUSIONNISTE
Film d'animation français de Sylvain Chomet (2009 - 1h32)

A la fin des années 1950, une révolution agite l'univers du music-hall : le succès phénoménal du rock, dont les jeunes vedettes attirent les foules, tandis que les numéros traditionnels - acrobates, jongleurs, ventriloques - sont jugés démodés. Notre héros, l'illusionniste, ne peut que constater qu'il appartient désormais à une catégorie d'artistes en voie de disparition. Il est contraint de quitter les grandes salles parisiennes et part tenter sa chance en Angleterre, puis en Ecosse, où il rencontre Alice, une jeune fille innocente qui va changer sa vie à jamais.

La critique [evene] par Caroline Vié
Et si Jacques Tati n’était pas tout à fait mort ? On a vraiment l’impression que le réalisateur des 'Vacances de monsieur Hulot', décédé en 1989, s’est penché sur l’épaule de Sylvain Chomet pour 'L’Illusionniste'.

Reprenant un scénario de Tati, le cinéaste est parvenu à rester fidèle à l’esprit du grand cinéaste tout en insufflant à son sujet une dose bienvenue de sa propre personnalité.

Cette histoire d’amitié entre un magicien vieillissant et une gamine au sortir de l’enfance émeut et enchante par sa grâce subtile.

De l’oeuvre de Tati, Chomet a gardé le sens du burlesque, la richesse visuelle et un ahurissant travail sur le son, personnage à part entière d’un conte intemporel. Maître Jacques se serait sans doute senti chez lui dans ce dessin animé nimbé de poésie discrète et de charme prégnant. Le monde du père de 'Mon oncle' habite le film tout entier sans écraser malgré tout celui des 'Triplettes de Belleville', identifiable tant par son graphisme que par son humour sensible, notamment dans les rapports de l’héroïne avec le lapin de son protecteur.

Nostalgique sans être passéiste, cette oeuvre touchante en appelle aux enchantements de l’enfance, comme aux renoncements de la maturité. 'L’Illusionniste' offre ainsi des niveaux de lectures variés le rendant accessible à tout âge. La mélancolie durable qui s’empare du spectateur à la toute fin de la projection est tempérée par l’émerveillement d’avoir assisté à la rencontre de deux artistes uniques qui sont parvenus à créer de conserve par-delà la mort et le temps…

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