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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 08:31

Démineurs

 

DEMINEURS


Film américain de : Kathryn Bigelow avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Guy Pearce... (2007 - vostf - 2h04)

6 Oscar à Hollywood dont ceux de meilleur film et meilleur réalisateur...


Si la guerre est un enfer, pourquoi tant d'hommes se battent-ils ? A une époque où les soldats ne sont plus des conscrits, mais des engagés volontaires, les combats en attirent plus d'un, et peuvent même créer une véritable addiction.
Bagdad, de nos jours. Le sergent-chef James, spécialiste du déminage en zone de combat, prend la tête d'une unité d'hommes ultra-entraînés au désamorçage d'explosifs. Mais ses méthodes surprennent deux de ses soldats, Sanborn et Eldridge, lorsqu'il les précipite dans un jeu mortel de guérilla urbaine, sans se soucier de leur sécurité. James se comporte comme si la mort ne lui faisait pas peur. La ville plonge dans le chaos. Ses subordonnés tentent de raisonner James, grisé par le danger. Sa vraie nature se révèle alors, et ses hommes en seront marqués à jamais...

 

La critique [evene] par Roland Hélié
Depuis ses débuts, Kathryn Bigelow prend pour sujet des hommes à l’appétit du danger frénétique. Passé l’exergue - la guerre vécue comme une addiction - qui permet d’identifier plus clairement les intentions de la réalisatrice, le film se concentre, dès la séquence inaugurale, sur la question de la peur, authentique bombe à retardement, et de la possibilité ou non de la neutraliser. En donnant corps au sergent James, Kathryn Bigelow crée un personnage qui, pour ne jamais connaître la peur, devient fascinant. Rien moins qu’un monstre d’un type relativement inédit.

Outre cette dimension, le film met en scène la vulnérabilité d’une armée suréquipée, incapable de sécuriser une zone d’intervention, un carrefour, quelques pâtés de maisons. L’intervention du démineur équivaut à un spectacle offert à la population, à sa porte, sous ses fenêtres, où les curieux sont nombreux.

Ce qui fait froid dans le dos, c’est que la mort et la destruction viendront du spectateur, du public. Du badaud au commerçant désoeuvré, chacun est le terroriste en puissance. Dissimulé, un simple téléphone, un engin électronique quelconque est susceptible de déclencher un carnage. Faire la guerre avec chars et fusils d’assaut est une chose, lutter contre un téléphone en est une autre. Comment, dans ces conditions, ne pas trembler ? Bien sûr, ‘Démineurs’ est un film de guerre. Il oppose deux types d’hommes, illustre de manière exemplaire le conflit entre l’individuel et le collectif, démonte la complexité d’une chaîne de commandement.

C’est aussi un formidable document fictionnel sur le monde dans lequel nous vivons, lequel, en de nombreuses occasions, nous donne bien des raisons d’en avoir peur. A voir, séance tenante.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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